Abonné

Élevage bovin Bigard, futur cible des actions syndicales des éleveurs

- - 3 min

La FNSEA, les Jeunes agriculteurs et la Fédération nationale bovine (FNB) ont décidé de bloquer les sites industriels de l’entreprise Bigard pour une durée indéterminée afin de relancer les négociations.

Bloquer les sites industriels de l’entreprise Bigard, pour une durée indéterminée, telle est la conclusion du conseil extraordinaire de la Fédération nationale bovine (FNB) du 3 novembre dernier. Les Jeunes agriculteurs et la FNSEA ont décidé de s’associer à cette action de portée nationale. Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, et Nicolas Morel, représentant des JA du Tarn, ont effectivement représenté leurs organisations au sein de la réunion. Les lieux et dates des blocages sont, pour le moment, tenus secret afin de préserver un effet de surprise. ils ces derniers commenceront certainement dès la fin de la semaine. Avec des coûts de production en hausse du fait de la flambée des céréales et des prix à la production stables depuis 10 ans, les éleveurs sont en pleine crise, dépôts de bilan à la clef. Ils demandent donc une hausse de 0,6€ du prix à la production pour pouvoir « survivre », terme utilisé régulièrement par les syndicats. Or, actuellement, selon un communiqué de presse de la FNB, « les indicateurs de marché sont objectivement positifs », mais « des opérateurs continuent de faire pression à la baisse sur les prix payés aux producteurs ».

L’entreprise Bigard, un statut de quasi-monopole

C’est, semble-t-il, le cas de l’entreprise Bigard qui, avec le rachat de Socopa en 2009, abat à elle seule 50% des bovins en France et en transforme la majeure partie. Elle a ainsi acquis un statut de quasi-monopole avec 62 implantations industrielles et commerciales, 27 abattoirs de bœuf et 6 abattoirs de porc. Selon Jean-Pierre Fleury, secrétaire général de la FNB, le but de ces actions est « d’enclencher une discussion » avec cet opérateur qui « pratique la politique de la chaise vide » aussi bien au ministère de l’Agriculture qu’en interprofession. Il dénonce « la logique » de Jean-Paul Bigard, directeur de l’entreprise Bigard, « plus personnelle que collective », et le « verrouillage du marché » de la viande bovine par cet opérateur. Il décrit, en effet, « la bouffonnerie » des cotations décidées par ce dernier, transmises par la suite en région et copiées par les autres opérateurs de la filière sans tenir compte de la loi de l’offre et de la demande. De plus, d’après Jean-Pierre Fleury, FranceAgriMer n’a pas de contrôle sur ces cotations puisque cet organisme n’« a aucun pouvoir pour vérifier les remontées des prix de la part des entreprises ». Le but de cette action est aussi de repositionner le rôle de l’interprofession et ce, en faisant intervenir l’Etat, si nécessaire. La récente loi de modernisation agricole lui confère effectivement un rôle central.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.