Depuis le 14 janvier, les Amis de la Terre renouvellent leur prix Pinocchio visant à récompenser les entreprises « pour le décalage entre leur vitrine promotionnelle et la réalité de leurs agissements ». Après une pause de trois ans, cette neuvième édition se penche sur le secteur agricole, en partenariat avec la Confédération paysanne (les deux organisations sont membres de la plateforme Pour une autre Pac). Les internautes sont invités à départager Lactalis, Yara, et Bigard sur un site dédié jusqu’au 17 février.
« Ces acteurs montrent des marqueurs clés de l’industrialisation de l’agriculture, et ils ont une responsabilité particulière dans la crise climatique », explique Anne-Laure Sablé, porte-parole agriculture au sein des Amis de la Terre. Avec ces nominations, les Amis de la Terre espèrent attirer l’attention sur les émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole, mais également « sur la crise sociale qui touche les agriculteurs ». « Les OGM auraient pu être un autre sujet sélectionné », précise Anne-Laure Sablé.
Chacune des entreprises fait l’objet d’une présentation dans un court clip vidéo d’une minute. Lactalis est nominée dans la catégorie « Se faire du blé avec les produits laitiers », et accusée de « priver les éleveurs et les éleveuses de revenus décents », en sus « de rejets toxiques et de scandales sanitaires ». Bigard, nommée dans la catégorie « la face cachée de ton steak », est également mis en cause pour le manque de rémunération des éleveurs. Yara, enfin, dans la catégorie « les engrais chimiques, c’est magique », est dénoncée pour « faire croire que sans engrais chimiques nous ne pourrons nourrir le monde ».
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Les entreprises ont été prévenues de leur nomination en amont, mais aucun geste n’est attendu de leur part. Les organisateurs espèrent en revanche « une fiscalité nationale plus contraignante pour combler le fossé entre publicité et réalité ». Autre demande des amis de la Terre : une refonte de la Pac. « Malgré le Green deal, le climat est très peu pris en compte dans les négociations, et nous avons aussi peu de réponse sur les futurs mécanismes de conditionnalité », déplore Anne-Laure Sablé.
Une édition en partenariat avec la Confédération paysanne