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Bilan 2014-15 : une année « correcte » pour Maïsadour

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Maïsadour a présenté le 1er décembre son bilan 2014-15 avec un chiffre d’affaires en hausse de 2 %, estimant que l’année avait été « correcte » dans un contexte économique toujours difficile. Si le groupe continue de gagner en compétitivité, « des événements exceptionnels ont, cette année encore, grevé les résultats financiers ».

Le chiffre d’affaires du groupe coopératif, dont l’assemblée générale s’est tenue à Hagetmau (Landes), atteint 1,579 milliard d’euros (+2 %), répartis à 50 % sur le pôle agricole (céréales, semences…), 33 % sur la gastronomie, 14 % sur les volailles et 3 % sur la jardinerie et motoculture. L’excédent brut d’exploitation grimpe, lui, de 9 %, à 56 millions d’euros.

Des pertes « beaucoup moins » importantes

Maïsadour, qui n’a pas souhaité dévoiler son résultat net, accuse toutefois toujours des pertes nettes mais « beaucoup moins » que l’an passé où elles atteignaient 11,7 M d’euros du fait notamment de provisions pour risque de change consécutives à la crise en Ukraine où le groupe a investi, a-t-on appris par ailleurs. Dans le secteur des semences, un marché en baisse, Maïsadour a réussi à augmenter ses ventes et ses parts de marché en Pologne, Hongrie ou Roumanie, et à doubler ses volumes sur l’Ukraine malgré une situation politico-économique difficile, a souligné le DG Thierry Zurcher, qui a désormais l’ambition d’investir en Russie avec notamment un projet de rapprochement avec la holding russe Kouban (lire l’encadré). Maïsadour doit également créer d’ici mi-2016 une nouvelle société de semences avec Terrena, qui pèsera 250 M d’euros de CA, avec l’ambition de doubler ce chiffre.
Du côté des récoltes de maïs, l’année a été « très intéressante, à la limite de l’exceptionnel en qualité et quantité, après un exercice 2013-14 dramatique en termes de volume de production à cause de la météo », a expliqué Michel Prugue, le président du groupe.
Les pôles productions animales et gastronomie se portent bien également, avec les poulets de qualité qui constituent un « vrai appel d’air » dans un contexte économique défavorable où la consommation des ménages se tasse, selon le groupe qui s’appuie également sur les réussites des canards, jambons de Bayonne et saumons de Delpeyrat dont l’activité traiteur a, elle, été un échec.
Dans une stratégie de développement international, Delpeyrat qui vient d’entrer sur le marché américain, doit livrer son premier container en Chine début 2016. « Le défi va être d’avoir assez de porcs “bayonnables” car on prédit une forte croissance sur ces marchés », a souligné Philippe Carré, DG adjoint.

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« Vrai appel d’air » des poulets de qualité

Maïsadour Semences s’allie avec Kouban pour se renforcer en Russie

La coopérative Maïsadour et la holding russe Kouban ont décidé de s’allier dans la production de semences en Russie avec l’objectif d’y lancer une nouvelle marque d’ici à trois ans, ont-elles annoncé le 30 novembre.
Maïsadour Semences et Kouban, important producteur agricole du sud de la Russie détenu par le milliardaire russe Oleg Deripaska, ont signé « une lettre d’intention en vue de lancer un partenariat dans les semences », selon un communiqué commun. « L’objectif est de fusionner la sélection dans les champs du maïs, tournesol, colza, ainsi que de réunir des actifs de production en Russie afin de se positionner sur le marché », est-il précisé.
Selon Oxana Krasnianskaïa, directrice pour la Russie de Maïsadour interrogée dans le journal russe Vedomosti, la coopérative compte investir entre 16 et 20 M d’euros dans les cinq ans à venir dans ce projet, avec pour objectif de porter la part de production locale dans ses semences vendues en Russie de 10 % actuellement à 80 %.
Les deux partenaires espèrent lancer en 2017 un « partenariat stratégique », ont-ils indiqué. Avant cela, Kouban va réaliser dès le printemps prochain des essais à partir de semences fournies par Maïsadour. En cas de succès, les deux sociétés « vont collaborer pour lancer une nouvelle marque dans les trois années à venir ». Kouban compte aussi commercialiser en Russie certaines semences de la coopérative française sous sa marque Ladojskiïé.
Maïsadour Semences détient douze filiales à l’étranger et produit 20 000 ha de semences en Europe. Son DG Régis Fournier, cité dans le communiqué, a vanté un accord qui devrait permettre de « construire de nouvelles unités de production modernes pour répondre à nos besoins locaux mais aussi à développer un nouveau marché ».
Les terres noires du sud de la Russie sont très convoitées ces dernières années par les investisseurs étrangers. Depuis l’introduction en 2014 d’un embargo sur les produits agricoles européens, en pleine crise ukrainienne, les autorités russes ont fait du développement du secteur agricole une priorité.