La visite du président de la République, accompagné notamment par Stéphane Travert et par Philippe Maugin, p.-d.g. de l’Inra, a eu une "tournure très agricole" qui n’était pas pour déplaire au ministre de l’Agriculture. La plus belle avancée est l’ouverture prochaine du marché de la viande bovine française.
Le ministère de l’Agriculture a tiré le bilan, dans un communiqué du 10 janvier puis lors de la conférence de lancement du Salon de l’agriculture le 11 janvier, de la visite d’État en Chine, à laquelle Stéphane Travert a participé aux côtés du président de la République. La première avancée mise en avant par le ministère concerne la viande bovine. Les deux pays ont signé un accord prévoyant « l’ouverture de l’accès de la viande bovine française » au marché chinois, avec une résolution totale de l’embargo actuel dans les six mois. Cet embargo avait été mis en place en 2001 à la suite de l’épidémie de vache folle (ESB) en France.
La Chine avait déjà assoupli en mars 2017 son embargo sur le bœuf français (bovins âgés de moins de 30 mois, viande désossée). La Chine est le 2e importateur mondial de viande bovine avec près de 1,1 Mt importées par an. Les principaux fournisseurs de bœuf à la Chine en 2016 étaient le Brésil, l’Uruguay, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, qui assuraient près de 90 % de ses importations. C’est « une excellente nouvelle pour la filière viande bovine française pour qui le potentiel du marché chinois est stratégique et constitue une opportunité », souligne Interbev. L’interprofession bovine insiste dans son communiqué sur « le travail conséquent » qu’elle a réalisé en collaboration avec les services de l’État français pour aboutir à cette étape. En revanche, sur la question de la volaille française, les discussions se poursuivent toujours, selon l’Élysée. La Chine avait fermé ses portes fin 2015 aux produits avicoles français suite à la réapparition de la grippe aviaire en France.
Travailler pour ouvrir davantage les frontières
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Deuxième avancée : des travaux sont engagés sur les produits des filières avicole, laitière et porcine afin d’ouvrir les frontières et « finaliser les agréments d’entreprises nécessaires à l’exportation des produits français ». « Il faut déverrouiller les éléments de blocage agricole, notamment concernant le porc où l’on peut faire mieux », a commenté Stéphane Travert, à son retour de Chine. Il a rappelé que 497 000 000 porcs par an sont consommés en Chine. Autre avancée : deux protocoles d’accord ont été signés dans le domaine sanitaire facilitant l’exportation de chevaux vivants et la mise en œuvre de la certification sanitaire électronique à l’export. Selon le ministre de l’Agriculture, le Premier ministre chinois a proposé de créer "une longue chaîne de production entre la Chine et la France, en travaillant sur la haute performance sanitaire et environnementale, la qualité et la traçabilité". Par ailleurs, Stéphane Travert et son homologue chinois Hang Changfu ont signé une « déclaration d’intention sur l’approfondissement de la coopération dans le domaine agricole » (enseignement, formation professionnelle, sanitaire, indications géographiques, agroécologie).
L’Inra signe des accords de coopération avec la Chine
Philippe Mauguin, p.-d.g. de l’Inra, a signé le 10 janvier à Pékin, plusieurs accords en vue de renforcer des collaborations avec ses partenaires chinois. Sur le thème « santé des forêts », un accord a été signé avec l’université forestière de Pékin. La création d’un laboratoire international portant sur les maladies invasives est envisagée pour l’automne 2018. Les deux partenaires ont également signé un mémorandum de coopération pour développer la formation et les recherches conjointes dans la santé des forêts, la biodiversité des sols, l’eau et la désertification. En outre, l’Académie des sciences agricoles chinoise et l’Inra vont organiser au printemps prochain un atelier scientifique sur les sols, l’agroécologie, le climat, l’amélioration du blé et la lutte intégrée contre les ravageurs, la reproduction bovine, la qualité de la viande et sa transformation. De plus un accord avec l’Académie des sciences chinoise porte sur le renouvellement pour cinq ans de l’accord-cadre initialement signé en juillet 2013. Enfin, un projet de laboratoire international est envisagé sur les virus zoonotiques émergents.