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Bio : les conversions au point mort à la Cavac

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Face à la baisse de consommation de produits bio, la coopérative vendéenne a entamé un processus de déconversion en production porcine. La situation semble moins délicate concernant la collecte céréalière.

À l’occasion d’un point presse à la veille de son assemblée générale, la Cavac a commenté son exercice 2021/2022. À l’image de la conjoncture nationale, Jacques Bourgeais a dépeint un tableau assez sombre de l’activité « agriculture biologique » de la coopérative vendéenne qui estime représenter 10 % de la collecte nationale. « Il y a un phénomène de ralentissement. Les nouvelles conversions sont au niveau zéro », a souligné le dirigeant. La situation est particulièrement critique pour les produits à forte valeur ajoutée et notamment les filières animales. « Nous constatons une baisse importante de la consommation en poulet et porc bio », relève Jacques Bourgeais. En porc, la situation est telle que la coopérative vise une réduction des volumes à 20 500 t en 2022/23 contre 25 828 t réalisés sur la campagne 21/22 pour sa filiale Bio Porc. En parallèle, la Cavac a entamé un processus d’accompagnement à la déconversion pour certains éleveurs (voir article précédent). La densité d’animaux n’étant pas la même entre ces modes de production, il précise que les éleveurs doivent redéposer des dossiers ICPE.

Plus de marge en grande culture

Si la situation est également tendue pour les productions céréalières, la coopérative vendéenne assure pouvoir encaisser plus facilement sur ce marché. « Jusqu’à présent nous importions du blé bio pour répondre à nos besoins. Dans le contexte actuel nous sommes passés dans une situation d’autosuffisance, avec même un peu d’export », affirme Jacques Bourgeais. Dans les chiffres, la coopérative a vu ses surfaces de grandes cultures bio et C2 atteindre 27 400 ha contre 25 700 ha durant la campagne précédente, mais avec un net recul de la collecte à hauteur de 16 000 t dû à des rendements en baisse. Côté débouchés, la filiale Biofournil de la coopérative est moins touchée par la baisse de la consommation que Bio Porc. « Ce sont des produits avec moins de valeur ajoutée », justifie le directeur. La coopérative a également annoncé que la récolte de tournesol bio pourrait être redirigée dès 2023 vers l’outil de trituration Oleosyn Bio détenu par le groupe Avril et Terrena et dans lequel la Cavac s’est associée.

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Autre sujet de tension dans la filière bio : les engrais perlés distribués, dont l’autorisation est dans le viseur de Bruxelles. Interrogé, Jacques Bourgeais a répondu que « la fertilisation azotée est actuellement l’enjeu majeur en bio ». Selon lui, il y a vrai déséquilibre entre une disponibilité moindre en engrais organique alors que les productions biologiques augmentent. S’il reconnaît la « provenance lointaine, qui n’est pas en phase avec la philosophie du bio » de ces intrants, il invité également à « se mettre à la place des producteurs démunis » face aux coûts de l’azote.

« Baisse importante de la consommation en poulet et porc bio »