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Bio: les ressorts du rebond de la consommation

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Toutes les catégories de la population déclarent consommer plus de bio en 2025, selon le baromètre présenté par l’Agence bio au Salon de l’agriculture. Cela est dû à la disponibilité prix et aux motivations liées à la santé et à l’environnement. Mais l’Agence identifie plusieurs points à travailler pour accroître davantage la consommation : l’origine, l’attention et la notion de local.

La consommation de produits bio est repartie à la hausse en 2025 pour renouer avec le niveau atteint en 2022, selon le baromètre Consommation et perception des produits biologiques présenté au Salon de l’agriculture le 26 février. Ainsi, 59 % des personnes interrogées ont déclaré avoir consommé du bio au moins une fois par mois (contre 54 % l’année précédente) et 35 % au moins une fois par semaine (contre 30 %).

Cette reprise concerne toutes les catégories sociales. Dans la catégorisation par âge, la hausse est la plus forte chez les 35-44 ans (+ 10 points) et les 45-54 ans (+ 7 points). Dans la catégorisation par niveau de diplôme, la hausse est la plus forte chez les diplômés bac + 2 et + 3 (+ 8 points) mais aussi chez les diplômés BEPC ou inférieur (+ 5 points). Dans la catégorisation socio-professionnelle, elle est la plus forte chez les CSP +.

Dans la catégorisation par niveau de vie, cette progression est la plus forte pour la catégorie intermédiaire des foyers disposant de 1500 à 1800 euros de revenus par unité de consommation (+ 7 points), et pour la catégorie à revenus faibles c’est-à-dire les foyers ayant moins de 1 000 euros par unité de consommation ( + 7 points). « On peut presque imaginer une notion d’accessibilité prix peut-être un peu meilleure », glisse Bruno Martel, président de l’Agence bio.

Les moteurs santé et environnement

Cette reprise de la consommation s’explique par « un desserrement progressif de la contrainte financière ressentie par les ménages », avec 36 % des Français interrogés déclarant se restreindre sur leurs dépenses alimentaires : un chiffre en baisse de 8 points depuis 2023. « Maintenant qu’il y a plus de disponibilité prix, on voit d’autres items qui reprennent : la santé et l’environnement », expose Fanny Morel, chargée de mission Études à l’Agence bio. Le premier moteur de croissance de la consommation de bio est la santé pour 57 % des personnes interrogées (+ 1point sur un an), suivi de l’environnement pour 38 % (stable) qui passe devant l’argument goût des produits (33 %, -7 points sur un an).

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Le baromètre fait aussi apparaître plusieurs points à travailler pour améliorer le positionnement du bio. L’étude démontre une certaine « confusion » des consommateurs sur l’origine. « 53 % [des personnes interrogées] estiment que la plupart des produits bio vendus en France ne sont pas produits en France, alors qu’on est à 71 % de consommation de produits bio français, et même à 84 % si on inclut les produits exotiques […] On voit bien qu’il y a des endroits où on a encore du travail à faire pour améliorer ça », assure Bruno Martel.

Capter l’attention au moment de l’achat

De plus, au sein des différents labels, le label Agriculture biologique (AB) est le plus connu (par 95 % des répondants). Mais il souffre d’un manque d’attention, avec seulement 61 % des consommateurs qui y prêtent attention au moment de l’acte d’achat. À la différence du Label rouge, de Viande et Légumes de France et d’AOP, un peu moins connus mais qui jouissent de taux d’attention supérieurs (respectivement 72 %, 73 %, 64 %). « Il y a une vraie différence entre connaître et faire confiance à un label, et y faire attention. […] Donc, c’est vraiment au niveau de l’attention qu’il faut travailler pour que l’acte d’achat se fasse sur le bio », analyse Fanny Morel.

Enfin, le baromètre fait apparaître que « le local a pris de l’importance », par rapport au bio, comme facteur de changement des habitudes alimentaires et d’externalités positives, alors que les deux vont souvent de pair. Il faudrait « réaxer » la communication sur la bio car « beaucoup de bio est local, puisqu’on a 40 % des agriculteurs qui font de la vente directe en bio », selon Fanny Morel.

LM

« 59 % ont consommé du bio au moins une fois par mois »

« il y a plus de disponibilité prix »