Comme cela a été le cas lorsque la Commission européenne a proposé de plafonner les biocarburants de première génération (produits à partir de cultures alimentaires) à 5 % – pour que, finalement, une fois le texte passé entre les mains du Conseil de l’UE et du Parlement européen le seuil soit fixé à 7 % –, l’intention de Bruxelles de réduire progressivement leur part de 7 % en 2020 à 3,8 % en 2030 promet de longues négociations. Il faut dire que la proposition que fera Bruxelles le 30 novembre ne repose pas vraiment sur des données scientifiques mais plutôt sur des considérations politiques. Pour faire simple : « On ne peut pas mettre de la nourriture dans des moteurs ! » Un argument qui pourrait se défendre mais qui ne repose pas sur les rapports successifs commandés par Bruxelles depuis plusieurs années sur les émissions de gaz à effet de serre et le changement indirect d’affectation des sols liés à la production des biocarburants. Si la Commission s’en tenait aux conclusions de ces études, elle proposerait un traitement différencié entre le bioéthanol et le biodiesel mais aussi entre les productions européennes et celles des pays tiers et entre les matières premières utilisées. Un véritable casse-tête. Mais le résultat des propositions simplifiées faites dans le domaine ces dernières années par la Commission est qu’elles conduisent à des négociations de marchands de tapis ne reposant sur aucune base concrète et qui ne favorisent pas le développement d’une nouvelle génération de biocarburants.
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