Dans un message posté sur le réseau social LinkedIn le 2 juin, l’économiste en chef de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Maximo Torero, alerte les décideurs sur la tentation de favoriser la production de biocarburants pour répondre à la crise énergétique liée au conflit au Moyen-Orient. Alors que le choix de cette solution pourrait s’avérer attrayant, il estime, au contraire, qu’il « détournerait les denrées alimentaires vers les marchés énergétiques » et favoriserait une crise alimentaire. Pour appuyer son propos, il fait le parallèle avec la situation de 2008 où les subventions aux biocarburants aux États-Unis et dans l’UE pour répondre à la hausse du prix du pétrole avaient fait augmenter la demande pour les cultures utilisées dans cette production. Il met en avant une étude affirmant que 70 % de l’augmentation du prix du maïs et 40 % de la hausse du prix du soja à l’époque pouvaient être expliqués par les biocarburants alors qu’en parallèle, les coûts de production alimentaire subissaient déjà la hausse des prix de l’énergie et des engrais et que les stocks de céréales étaient faibles. Selon lui, dans la situation actuelle, « c’est le moment pour les décideurs de résister à l’augmentation artificielle de la demande de biocarburants ».
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