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Biocontrôle : BASF projette une rupture technologique dans 5 à 10 ans

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La stratégie de BASF dans le biocontrôle est de passer de solutions « complémentaires » aux produits chimiques à de vraies « alternatives » dans 5 à 10 ans, a-t-il indiqué le 28 septembre.

« À court terme, les solutions de biocontrôle ne sont que complémentaires : elles s’intègrent dans des itinéraires techniques incluant aussi des produits chimiques », a expliqué Nicolas Kerfant, d.g. de la division France Agro. BASF promet une « rupture technologique » dans 5 à 10 ans. Le groupe lancera alors des « solutions alternatives, ayant le même niveau d’efficacité, de régularité, de sécurité » que les conventionnelles, d’après lui.

Ses axes de recherche et développement concernent les micro-organismes, dont un pool est en cours d’évaluation. Le chimiste allemand s’intéresse aussi à de nouvelles substances naturelles, un travail mené en partenariat avec la start-up lorraine Plant Advanced Technologies (PAT). Troisième piste, l’étude des interactions entre substances ou micro-organismes et mécanismes de défense des plantes. BASF France Agro annonce six nouvelles solutions de biocontrôle l’an prochain en arboriculture, grandes cultures, vigne et légumes. À moyen terme, l’entreprise prévoit une accélération des partenariats externes ciblés. L’objectif est de maintenir ses parts de marché entre 12 et 15 %.

Un décollage poussif

BASF note que l’utilisation du biocontrôle, certes en progression, ne connaît pas encore un développement significatif. Ce segment pèse en valeur moins de 5 % du marché phytosanitaire, selon lui. Plusieurs difficultés restent à surmonter, a pointé Nicolas Kerfant : des « applications plus complexes », un « coût supérieur », une « efficacité pas à la hauteur ». Mais les agriculteurs français apparaissent très demandeurs. Une enquête européenne de l’institut Kynetec, publiée en septembre, classe les produits de biocontrôle au second rang des solutions attendues. Un cas « unique en Europe », a souligné Jean-Marc Petat, le directeur de la communication.

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Pour le chimiste allemand non plus, le biocontrôle n’est pas une sinécure. 15 % du chiffre d’affaires qui en découle sont réinvestis en R & D. C’est plus que le ratio pour l’ensemble de la branche agricole. Un effort important vu le faible poids du marché. Et compte tenu aussi de l’environnement réglementaire. Sur la définition du biocontrôle, par exemple : « Une clarification est à demander auprès des instances réglementaires, si la volonté est d’augmenter les investissements » dans le secteur, juge Nicolas Kerfant. « Il y a besoin d’une harmonisation européenne », renchérit Anne Resweber, la responsable du biocontrôle.

Des parts de marché en baisse

BASF France Agro a par ailleurs annoncé une légère érosion de ses parts de marché en phytos à 17 % sur la campagne 2016-2017, soit environ -0,5 point. Une baisse attribuée au contexte fortement concurrentiel sur certains segments, et pour moitié, à la chute des marchés fongicides. La France a connu une faible pression des maladies en grandes cultures et cultures spécialisées, d’où un marché à -7 %, selon ses chiffres.

Les produits de biocontrôle figurent au 2e rang des solutions attendues par les agriculteurs français