Représentant un chiffre d’affaires de 274 M€ (+16 %) en 2021, les produits de biocontrôle atteignent 13 % du marché de la protection des plantes, selon l'IBMA (entreprises du biocontrôle).
« La progression s’accélère » pour les solutions de biocontrôle, a souligné la présidente Céline Barthet, le 23 juin en conférence de presse. En 2021, leur chiffre d’affaires a progressé de 16% (à 274 M€), contre +9% l'année précédente, d’après le baromètre de l’IBMA. Ces produits pèsent ainsi 13 % du marché de la protection des plantes, rendant l’objectif de « 30 % atteignable » en 2030.
Dans le détail, le biocontrôle gagne surtout du terrain sur le segment des fongicides (avec 19,5 % de parts de marché, contre 13 % en 2020), et molluscicides (29 % contre 26 %). Les substances naturelles (72 % du chiffre d’affaires) affichent une forte croissance (+26 %), quand les micro-organismes et médiateurs chimiques reculent. Résultat, le secteur est en avance sur plusieurs indicateurs de déploiement : le nombre de macro-organismes autorisés s’élève à 415 en 2021 (contre un objectif gouvernemental de 390 en 2022), 54 % des usages sont couverts (contre 50 %).
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Un intérêt croissant des agriculteurs
Les agriculteurs montrent un gain d’appétit pour le biocontrôle, selon une enquête d’AgroParisTech pour l’IBMA. 69 % d’entre eux affirment utiliser de tels produits, toutes cultures et tous modes de production confondus. Ils étaient 44 % dans une enquête équivalente fin 2018. Plus de 50 % des agriculteurs utilisant des solutions de biocontrôle estiment qu’ils en utiliseront encore plus dans les années à venir et près de trois sur quatre n’en utilisant pas aujourd’hui pensent en utiliser certainement dans le futur (24 %) ou au moins en étudier l’option (49 %). S’ils souhaitent être toujours mieux informés sur ces solutions, les exploitants disent aussi leur besoin de formations, pour près d’un sur deux. « Cela confirme la nécessité de développer davantage les formations sur le biocontrôle, tant en formation initiale qu’en formation continue », commente Céline Barthet. Une tendance identifiée il y a déjà dix ans, qui a conduit à la création de l’Académie du biocontrôle et de la protection biologique intégrée. L’IBMA veut contribuer à « passer à la vitesse supérieure dans le développement de ces formations en nous associant, avec d’autres partenaires, au développement de formations digitales accessibles à tous », affirme-t-elle.
Côté R&D, les entreprises du biocontrôle semblent actives, au vu d’une enquête interne menée par l’IBMA ; 22 nouvelles substances actives (12 substances naturelles et 10 micro-organismes) sont susceptibles d’être approuvées, d’ici à 2024 pour 8 d’entre elles et d’ici à 2028 pour les 14 autres ; 45 nouveaux produits de biocontrôle (14 dont la décision d’AMM est attendue d’ici à fin 2024 et 31 d’ici à fin 2027) sont prévus, principalement en vigne, arboriculture et maraîchage, aussi en grandes cultures.