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Biocontrôle : une stratégie nationale en débat public cet été

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La mise en consultation de la stratégie nationale de déploiement du biocontrôle interviendra cet été, a annoncé le 4 juin Didier Guillaume. « Une stratégie nationale de biocontrôle va être soumise au débat public à l’été », a-t-il déclaré devant la commission des finances dans le cadre de l'évaluation des politiques publiques par l'Assemblée nationale. Pour « aller beaucoup plus loin » dans le déploiement, le ministre souhaite « mobiliser plusieurs leviers ». Il s’agit de réduire les délais d’octroi des AMM (autorisations de mise sur le marché) par l’Anses : « Aujourd’hui, c’est douze mois ; il faut réduire de moitié ». Didier Guillaume envisage « une taxe réduite pour les fabricants », à 25 000 € (contre 50 000 €) par demande d’AMM. Un allégement de la réglementation est visé : « Je souhaite un cadre réglementaire clair et allégé au niveau européen », a-t-il ajouté.

Selon le député Michel Lauzzana (LREM), rapporteur spécial de la commission des finances pour la sécurité alimentaire, le biocontrôle offre « de belles perspectives mais de nombreux freins existent ». « Il est difficile de remplacer les produits phytosanitaires : ceux-ci sont très efficaces et bon marché », a-t-il affirmé devant la commission, en jugeant ainsi « compliqué pour les agriculteurs de changer rapidement leur modèle » de production. Le développement « trop lent » du biocontrôle s’explique aussi par des « freins institutionnels et législatifs au niveau national et européen ». Pour la mise en marché d’un produit, 150 000 $ sont nécessaires aux Etats-Unis contre « à peu près 3 M€ » dans l’UE, a-t-il dit, citant les propos de l’entreprise M2i lors d’une audition. Pour Michel Lauzzana, le biocontrôle « ne répond pas forcément aux attentes à court terme des agriculteurs ».

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Le député juge « difficile d’attendre qu’ils abandonnent leurs techniques actuelles en sacrifiant une part de leurs rendements : le biocontrôle n’offre pas toujours un produit de substitution ad hoc. Il suit surtout une logique de long terme qui peut être contraire aux logiques du marché et des besoins actuels des agriculteurs ». « Pour réussir, une volonté politique doit accompagner les agriculteurs », a conclu le député.

Didier Guillaume veut réduire de moitié les délais pour les AMM