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Contrats Biocoop : le prix est déterminé avec les groupements de producteurs

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Bien avant que la Loi de modernisation agricole (LMA) n’impose aux metteurs en marché de proposer des contrats aux producteurs de fruits et légumes, la coopérative de consommateurs Biocoop en avait la pratique. La coopérative explique comment elle fixe les prix avec les producteurs.

«Nous signons des contrats avec les producteurs et les organisations de producteurs depuis longtemps. Nous avons de l’avance sur ce point. Mais aujourd’hui, il nous faut revoir nos contrats qui ne répondent pas à tous les critères de la LMA », explique Serge Leheurte, responsable des filières chez Biocoop.
« Dans nos contrats des filières “végétales”, nous prenons un engagement en volume pour l’année en cours (campagne pour les fruits et légumes, récolte pour les céréales …) et non pour trois ans comme le demande la LMA. Nous avons un engagement de volume sur l’année en cours et seulement une estimation de volume pour les années n+1 et n+2 », poursuit Serge Leheurte.
« Pour ce qui est des prix, nous avons beaucoup de situations différentes. Dans certains cas, nous établissons une fourchette de prix sur l’année en cours. Ce prix peut-être révisé à la hausse ou à la baisse dans la fourchette fixée. Dans d’autres cas, nous avons un prix moyen. C’est le cas pour les fruits et légumes par exemple car le prix varie entre le début et la fin de campagne. Mais sur la campagne, on s’engage à maintenir le prix moyen fixé. Cela est plus ou moins facile en fonction de la durée de la campagne. Certaines campagnes sont longues. Pour le chou-fleur par exemple, elle va de septembre à avril ou mai. Dans d’autres cas, on s’engage à maintenir le prix moyen sans variation, tout au long de la saison », précise le responsable « filière » de Biocoop.

Des prix fixés avec les producteurs

A ce jour, chez Biocoop, les prix sont fixés avec les producteurs selon un ensemble de critères importants pour les deux parties.
« La construction du prix est l’objet d’un travail avec les groupements de producteurs. On ne peut pas appliquer des marges, c’est-à-dire un coefficient, bêtement. Malgré des disparités dans les coûts de revient, nous essayons de faire une fourchette identique pour tous, au moins par région. Un prix unique n’est pas toujours possible. En fraise par exemple, nous avons des prix différents en Provence et en Aquitaine. Pour les pommes, que nous achetons en Val de Loire, Aquitaine, Roussillon, Provence et nord de la France, nous ne sommes pas arrivés à un prix pour tous. Les prix sont discutés au cas par cas selon les groupements. Ils tiennent compte des variétés de fruits, des coûts de main d’œuvre, de la production elle-même, des profils des producteurs. Pour la pomme de terre, nous n’avons pas de prix moyen identique non plus. Il varie d’une région à l’autre. L’écart peut aller jusqu’à 20%. »
L’enseigne est consciente qu’elle devra peut-être revoir ces critères pour suivre la législation même si les agriculteurs ne sont pas demandeurs de changements selon elle, car des pénalités peuvent s’appliquer aux uns et aux autres Biocoop dit vouloir boucler rapidement le dossier de la contractualisation mais une question essentielle n’est pas tranchée.
« La contractualisation doit se faire selon la LMA entre les agriculteurs et les premiers metteurs en marché. Les organisations de producteurs sont-elles considérées comme une extension du producteur ou comme les premiers metteurs en marché ? Ni la loi ni le ministère de l’Agriculture n’ont tranché cette question », remarque Serge Leheurte.

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