Abonné

Biocoop maintient sa croissance

- - 4 min

Avec une croissance de ses ventes de 16,6 % en 2020, et l’ouverture de son 700e magasin en 2021, Biocoop voit son modèle conforté par le coronavirus. Ses dirigeants écartent l’hypothèse d’un tassement à venir du marché bio.

« La dynamique est forte », résume Pierrick De Ronne, le président de Biocoop. Lors d’une conférence de presse organisée hier à Paris, l’enseigne a annoncé une croissance de 16,6 % de son chiffre d’affaires en 2020, pour atteindre 1,62 milliard d’euros. Soit une légère accélération dans un contexte du coronavirus, par rapport à une croissance estimée à 15 % en 2019.

Revendiquant près la moitié des ventes parmi l’ensemble des distributeurs spécialisés, Biocoop conforte sa place de leader du secteur. « Notre croissance est supérieure celle du marché », se félicite Sylvain Ferry, directeur général de Biocoop nommé en janvier. À l’échelle de toute la grande distribution, nuancent les dirigeants, Biocoop demeure cependant un acteur mineur, pesant moins de 1 % des ventes.

La performance est d’autant plus notable que la plus grande partie de la croissance du bio est aujourd’hui captée par les grands distributeurs. Entre 2018 et 2019, l’ensemble des enseignes généralistes ont ainsi connu une croissance de 18 % de leurs ventes, contre 7 % pour les enseignes spécialisées comme Biocoop ou Naturalia. Avec 6,2 milliards d’euros en 2019, les ventes en supermarchés dépassent désormais largement celles des magasins spécialisés, estimée à 3,2 milliards par l’Agence bio.

Vers le 1000e magasin

La réussite de Biocoop est avant tout due à l’inauguration de soixante nouveaux points de vente en 2020, même si « les magasins de plus de deux ans ont tout de même enregistré une hausse de chiffre d’affaires de 9 % », souligne Pierrick de Ronne. Biocoop prévoit d’ailleurs d’accélérer son expansion avec quatre-vingts nouveaux établissements attendus en 2021, contre soixante-dix habituellement. Le distributeur spécialisé devrait ainsi célébrer son 700e magasin dans les prochains jours en Seine-et-Marne. « Nos outils actuels nous permettent d’aller vers 900, voire 1 000 magasins », prévoit Pierrick De Ronne.

Dans les vingt groupements d’agriculteurs sociétaires de Biocoop, représentant 3 200 fermes, la production suivrait ces nouvelles ouvertures et la croissance, « soit par l’augmentation du nombre d’adhérents, soit par le volume de ces adhérents », assure Sylvain Ferry.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

agriculture biologique
Suivi
Suivre

Pour 2021, Biocoop souhaite d’ailleurs renforcer son modèle, en poursuivant la relocalisation en France de nombreuses productions, la fraise, la moutarde, ou le soja. « Notre but, c’est de voir comment arriver au 100 % origine France », assure Pierrick de Ronne. À cette fin, dès le printemps prochain, Biocoop signera des contrats de cinq ans avec des producteurs de maïs doux de la région Centre-Loire, en partenariat avec la conserverie Prosain.

Autre défi de taille à venir dans l’année qui vient : renforcer ses liens avec les industriels de l’agroalimentaire. « Nous avons une assemblée générale en juin, et nous espérons que les sociétaires vont prendre des engagements plus forts, en actant la création d’une branche dans la transformation », espère Pierrick de Ronne.

Pas d’effondrement du marché attendu

La crise a malgré tout laissé quelques traces dans les rayons. Le vrac, notamment, a « beaucoup reculé durant le premier confinement », rapporte Sylvain Ferry, évoquant les inquiétudes sanitaires des consommateurs. Autre victime de cette année inhabituelle, les produits cosmétiques, devenus inutiles pour tous ceux qui travaillent chez eux. Autant de pertes de vente rattrapées par la popularité renouvelée d’autres rayons, comme les produits d’hygiène. Comme chez les autres distributeurs, « les ventes d’alcool ont aussi explosé », reconnaît Sylvain Ferry.

Alors que certaines enseignes, comme Carrefour, affichent dans la crise des croissances inédites – tous produits confondus –, celle de Biocoop, malgré ses deux chiffres, pourrait sembler timide par rapport à la dynamique des années passées. Un signal du ralentissement du marché bio redouté par certains observateurs ?

Pour les dirigeants de Biocoop, l’engorgement du marché et les chutes des prix demeurent très lointains. « La croissance de l’offre continuera de porter la demande », tranche Pierrick De Ronne. « Pour nous, le marché de l’agriculture biologique doit atteindre les 15 % de la production, et la consommation suivra », acquiesce Sylvain Ferry. Un objectif auquel Biocoop promet d’œuvrer à hauteur de ses moyens, en continuant à développer des filières, et à contractualiser avec des producteurs.

Ouverture du 700e magasin dans les prochains jours en Seine-et-Marne