Abonné

Biocoop veut être plus « volontariste » dans le choix de ses fournisseurs

- - 4 min

L’enseigne Biocoop a présenté ses chiffres de croissance devant la presse. Face à la multiplication des acteurs sur le marché du bio, l’enseigne veut tirer son épingle du jeu en misant sur le local, le zéro déchet et la saisonnalité.

Biocoop veut s’inscrire dans une démarche « beaucoup plus volontariste » en matière de « valeurs », de « structure capitalistique » et de « stratégie commerciale », en ce qui concerne le choix de ses fournisseurs, a indiqué son directeur général Orion Porta, à l’occasion de la présentation à la presse du bilan 2018 de l’entreprise, le 28 mars.

L’enseigne spécialisée devrait ainsi adopter une démarche de « désengagement » auprès de certains de ses fournisseurs, au profit de ceux ayant des « stratégies lisibles et transparentes », et avec lesquels elle « partage un maximum de valeurs », sur certaines questions, notamment la « réduction des déchets », le « local » et « la consommation de saison ».

Des « producteurs sociétaires »

Biocoop souhaite également « développer l’économie sociale et solidaire » grâce à son « influence ». L’objectif est de se démarquer encore plus de ses concurrents. « Au vu de l’émergence des grands distributeurs et des nombreux rachats chez nos fournisseurs historiques, il est important que nous prenions position pour encourager le développement d’une bio cohérente et transparente », ajoute-t-il.

Localement, l’enseigne travaille avec des groupements de producteurs sociétaires : ils sont 20, répartis sur quatre filières, avec au total 3600 fermes. Trois nouveaux groupements ont vu le jour en 2018, dans les filières lait, fruits et légumes et viandes, répartis sous la marque « Ensemble solidaire avec les producteurs », et réglementés selon les principes du « commerce équitable », indique l’enseigne.

« Ces producteurs participent aux instances décisionnelles, autant au niveau local que national », précise Orion Porta. Enfin, Biocoop veut aider les producteurs à se convertir en bio pour constituer des filières locales. En effet, si, pour le moment 80 % des produits proposés par l’enseigne sont made in France, seulement 11 % sont «locaux». Le groupe veut augmenter significativement cette proportion.

Biocoop souhaite également « développer l’économie sociale et solidaire »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

agriculture biologique
Suivi
Suivre

En 2018, l’enseigne a versé 300 000 euros sur le fonds Codefi (aide à la conversion) et 1 million de « primes commerce équitable » à ses groupements de producteurs. Un autre fonds, créé par l’enseigne, baptisé Défi bio, a investi 6 millions d’euros, dans 50 projets « d’innovation d’amont et d’aval », avec, là aussi, des constructions de filières.

Croissance exponentielle

Cette stratégie sera mise en œuvre par le nouveau président du groupe coopératif Pierrick de Ronne, élu le 27 mars par le conseil d’administration de l’enseigne. Il remplacera à ce poste Claude Gruffat, président depuis quinze ans, qui a décidé de se lancer dans la campagne européenne sur la liste présentée par Europe Ecologie Les Verts, menée par Yannick Jadot.

Le nouveau président devra assurer le maintien de la croissance exponentielle du groupe, qui comptait 500 magasins fin 2018, soit près de 74 nouvelles ouvertures pendant cette année « historique » selon Orion Porta. L’objectif de l'entreprise est d’atteindre « 900 magasins » à terme. L’enseigne est tirée par la croissance du bio, avec 1,210 million de chiffre d’affaires en 2018, une croissance de 11 % « conforme à nos objectifs », ajoute-t-il.

Aides bio : les paiements 2018 « ont commencé » (ministère de l’Agriculture)

Les premiers paiements de la campagne Pac 2018, au titre des Maec et des aides à l’agriculture biologique ont été versés, a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué du 28 mars. Selon le ministère, 120 millions d’euros ont été payés aux agriculteurs, soit l’équivalent de « 30 % du total des dossiers » de cette campagne. Les versements « vont se poursuivre pour les dossiers restants au fur et à mesure de l’instruction des dossiers », ajoute-t-il. Les paiements pour les campagnes 2016 et 2017 sont par ailleurs « en voie d’achèvement » selon le ministère, qui précise que « respectivement 85 % et 62 % du total des dossiers » ont été payés à ce jour, pour « un montant total cumulé de 596 millions d’euros ».