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Etudes Biodiversité : la foire aux indicateurs

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Le suivi de la biodiversité impose la mise au point d’indicateurs fiables. Leur élaboration et leur coordination n’est pas une mince affaire. En témoignent les premiers résultats de l’Observatoire national de la biodiversité et la divulgation d’une plateforme internet rendant accessibles pas moins d’une cinquantaine d’entre eux.

Lancer des politiques (complexes et contraignantes) de protection de la biodiversité, c’est bien. Pouvoir en mesurer les effets, c’est mieux. Voire crucial, pour pouvoir au besoin, les perfectionner, mais aussi les justifier, ou en discuter avec les acteurs impliqués. Mais construire des indicateurs objectifs, pertinents et cohérents entre eux n’est pas une mince affaire. Voilà sans doute pourquoi ils sont si nombreux. Illustration avec la publication par le ministère de l’Ecologie, des premiers résultats de l’Observatoire national de la biodiversité (voir la rubrique Leaders). Et l’ouverture, le 22 mai, pour la Journée mondiale de la biodiversité, d’une plateforme Internet(1) rendant accessibles une cinquantaine d’indicateurs de biodiversité. Ont été retenus par exemple le suivi des habitats remarquables, des espèces menacées, les dépenses nationales de la France pour la biodiversité, la diversité structurelle de forêts ou encore la connaissance des microbes du sol, l’artificialisation des terres, la pollution de l’eau ou de la consommation de pesticides.
En parallèle, le service Observation et statistique du même ministère de l’Écologie a publié ses données de synthèse sur la biodiversité (2), analysant des indicateurs d’état de la biodiversité, à travers l’évolution de la matière organique du sol, de certaines espèces (saumon, loutre, lynx…), l’état de conservation des espèces d’intérêt communautaire. Figurent aussi dans ce panel des indicateurs de pression, comme la qualité physico-chimique des cours d’eau, et les indicateurs de progrès réalisés, tels que l’évolution des surfaces en agriculture biologique.

BiodiversID va tester des indicateurs au champ

Enfin, cette semaine a été lancée la phase de terrain du programme biodiversID qui entend tester et suivre, au champ, des indicateurs de biodiversité. L’annonce a été faite par ses trois instigateurs : BASF Agro, le Réseau biodiversité pour les abeilles, et Farre, le Forum de l’agriculture raisonnée, le 22 mai. Après avoir sélectionné un nombre restreints d’indicateurs (comme des suivis d’oiseaux ou des comptages d’abeilles), le programme va désormais assurer leur suivi à travers 40 fermes réparties en fermes de vulgarisation destinées aux agriculteurs et fermes d’expérimentation. D’ici deux ans, ce réseau devrait doubler de taille, ambitionnent les organisateurs. Ses partenaires officiels ou potentiels futurs partenaires sont variés : Arvalis, le Cetiom, des coopératives comme Vivescia, EMC2 ou le négoce Touzan, des établissements d’enseignement agricole, le Muséum national d’histoire naturelle, ou encore l’ONCFS, l’Office de la chasse et de la faune sauvage, impliqués notamment dans son comité scientifique. Le positionnement de ce programme est délicat : il s’agit aussi de ne pas empiéter sur le programme Agrifaune, mené par l’ONCFS et la FNSEA, ni sur le travail de l’Observatoire de la biodiversité en milieu agricole, piloté par le Museum.

(1) Accessibles en ligne à l’adresse : http://indicateurs-biodiversite.naturefrance.fr
(2) En ligne à l’adresse : http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/indicateurs-indices/li/donnees-synthese-biodiversite.html

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