Si la publication de la stratégie européenne sur la bioéconomie est globalement saluée, quelques voix critiques se sont élevées envers les projets de Bruxelles notamment en ce qui concerne le sort réservé aux biocarburants.
Sauvés certes, mais pas non plus confortés. Tel est le sort réservé aux biocarburants dans le cadre de la stratégie sur la bioéconomie adoptée le 27 novembre par la Commission européenne. Une situation que regrettent les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca). En effet, les biocarburants ne figurent pas dans la liste des secteurs à fort potentiel, mais Bruxelles assure qu’ils continueront de jouer un rôle dans la décarbonation du secteur des transports, notamment dans l’aviation et le transport maritime. En coulisses, la direction générale de l’Environnement précise, toutefois, qu’il faudra trouver, à l’avenir, le bon équilibre entre usage énergétique et matériaux. Une discussion politique sera donc nécessaire lors de la future révision de la directive Énergies renouvelables.
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Pourtant, prévient notamment le Copa-Cogeca, « il ne faut pas négliger le rôle fondamental de la bioénergie, qui demeure le principal marché pour de nombreuses entreprises de la bioéconomie et une composante essentielle du mix énergétique actuel ». L’association refuse d’opposer industrie chimique et énergétique : « Si le marché de la bioénergie est progressivement abandonné par le biais de différentes politiques et réglementations, une grande partie de l’industrie bioéconomique actuelle risque de disparaître » avant même que ces nouveaux débouchés aient pu émerger.
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Financement et bio
Et du côté des financements, le Copa-Cogeca prévient que les secteurs de l’agriculture et de la sylviculture liés à la bioéconomie ne peuvent « dépendre uniquement de la Pac » et que la stratégie devra permettre « de débloquer un soutien dédié par le biais de fonds pour la recherche et l’innovation, de mécanismes d’investissement et de programmes de formation, tout en favorisant les synergies avec la politique de cohésion et les autres instruments de l’UE ».
Autre critique, portée cette fois par l’association représentant le secteur de l’agriculture biologique européenne (IFOAM) : la stratégie « ne met pas suffisamment en avant l’agriculture biologique comme solution centrale ». Pourtant, souligne le lobby, l’utilisation de la biomasse est « un facteur majeur de dégradation de l’environnement » que la stratégie devrait « atténuer au lieu de les aggraver ». IFOAM espère que le prochain règlement relatif à l’écoconception des produits durables et son acte délégué pour le textile permettront de mieux refléter la valeur ajoutée des fibres naturelles biologiques et compte aussi sur la mise à jour l’empreinte environnementale des produits (PEF) afin d’améliorer l’évaluation, la comparabilité et la visibilité sur le marché des produits biosourcés.