Un nouveau plan d’action pour développer la bioéconomie dans l’UE a été lancé le 11 octobre par la Commission européenne avec pour objectifs de développer de nouveaux produits issus de matières premières agricoles et forestières mais aussi de soutenir une agriculture à bas carbone.
La Commission européenne a annoncé le 11 octobre le lancement d’un nouveau plan d’action pour la bioéconomie mettant à jour sa stratégie de 2012. Un plan qui prévoit notamment la mise en place d’une plateforme d’investissement dotée de 100 millions € afin de rapprocher les innovations du marché et de réduire les risques pour les investissements privés. Plusieurs programmes stratégiques seront également lancés. Le premier devra permettre le déploiement de systèmes alimentaires et agricoles durables, d’une sylviculture durable et de bioproduits. Pour cela, il faudra développer des innovations fondées sur la biotechnologie, notamment dans l’agriculture, pour mettre au point de nouveaux produits chimiques, procédés et chaînes de valeur dans les zones rurales, avec une participation et des avantages accrus pour les producteurs primaires, assure Bruxelles. De nouvelles possibilités s’offrent au secteur forestier notamment pour développer des produits de substitution dans des secteurs tels que le textile, le mobilier et les produits chimiques.
Achat de crédits carbones
Autre programme stratégique : un mécanisme de soutien aux politiques de bioéconomie afin d'aider les pays de l'UE à se doter de programmes nationaux et régionaux. Des interventions spécifiques seront également élaborées dans le cadre de la politique agricole commune afin de soutenir « des bioéconomies inclusives dans les zones rurales ». L'objectif étant de mieux relier les stratégies nationales de bioéconomie et les plans stratégiques nationaux dans le cadre de la Pac.
La Commission prévoit aussi de lancer des actions pilotes pour le développement de la bioéconomie dans les zones rurales, axées notamment sur la gestion des déchets ou les pratiques agricoles bas carbone. En particulier, un projet pilote encouragera les États membres à créer un fonds pour acheter des crédits carbone aux agriculteurs et aux propriétaires forestiers qui mettent en œuvre des projets spécifiques visant à accroître la séquestration du carbone dans le sol et la biomasse ou bien à réduire les émissions dans le secteur de l'élevage ou liées à l'utilisation des engrais.
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Faire plus pour intégrer les agriculteurs
Selon Bruxelles, les systèmes alimentaires et agricoles représentent environ les trois quarts des emplois de la bioéconomie et environ les deux tiers de son chiffre d'affaires.
Mais, selon les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), qui ont réagi au lancement de ce plan, pour libérer pleinement le potentiel des agriculteurs, des propriétaires forestiers et de leurs coopératives, la Commission aurait dû envisager davantage d'actions et d'outils. Le Copa-Cogeca regrette notamment que le rôle des agriculteurs et des propriétaires forestiers reste sous-estimé alors qu’ils devraient « être considérés comme des partenaires stratégiques plutôt que comme de simples fournisseurs de matières premières ». L’organisation agricole aura l’occasion de faire entendre ses critiques à la Commission européenne, qui organise le 22 octobre à Bruxelles une conférence afin de discuter de ce plan d'action avec les parties prenantes.