Créée le 1er janvier 2001, Biofinesse tient la place de premier distributeur de repas bio aux collectivités avec un chiffre d’affaires de 1,6 million d’euros (qui devrait atteindre les 2 millions cette année). Identifiée comme une PME “gazelle” par les pouvoirs publics, cette société toulousaine a décidé de se tourner vers l’export pour pérenniser sa croissance, et devrait d’ici la fin de l’année honorer ses premières commandes aux Etats-Unis. Alors que la fidélisation de la clientèle s’avère difficile dans l’Hexagone, Serge Atia, fondateur de l’entreprise, estime avoir déjà reçu un « bon accueil » du marché Outre-Atlantique.
Cette gazelle-là court droit vers l’Amérique. Premier distributeur de produits alimentaires exclusivement bio aux collectivités – et le seul a être doublement certifié bio/commerce équitable –, Biofinesse veut « faire du bio français aux USA » annonce son p.-d.g. et fondateur, Serge Atias. « Une niche dans la niche », qui recèlerait pourtant un fort potentiel de croissance. « Au royaume de l’obésité et des OGM, la sensibilisation au bio est forcément très importante… et à travers tout le pays, il n’existe aucun distributeur de bio pour les écoles ! » s’enthousiasme le jeune dirigeant. Présent au dernier salon national de la restauration, le “NRA” (National Restauration Association), qui se tenait cet hiver à Chicago, Serge Atias a reçu « un accueil favorable» et a pu prendre contact avec des importateurs. D’ici la fin de l’année, sa société devrait honorer ses premières commandes en provenance du Nouveau monde.
2 millions de CA pour 2006
Identifiée par les pouvoirs publics comme l’une des 2 000 PME françaises à la croissance des plus dynamiques – ce qui lui vaut le titre de “gazelle” –, Biofinesse est encore une jeune pousse, puisque sa création ne remonte qu’au 1er janvier 2001… ce qui ne l’empêche pas d’afficher pour son exercice 2005 un chiffre d’affaires de 1,6 million d’euros. Et pour 2006, grâce à une croissance de l’ordre de 25 %, la barre des 2 millions d’euros devrait être atteinte, selon Serge Atia. Après un passage dans la finance, c’est par « conviction et intérêt » que ce toulousain de 39 ans choisit de lancer une entreprise sur le marché du bio. Avec réussite. Biofinesse distribue aujourd’hui sur l’ensemble de l’Hexagone un million de repas par an, avec un portefeuille de 1 200 références de produits alimentaires frais ou surgelés, « de la première à la cinquième gamme », certifiés bio.
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Inconstance de la demande
La société s’appuie sur une plate-forme sous-traitée située à Rungis, et possède sa propre plate-forme logistique dans la périphérie toulousaine. Ses facturations sont réparties à 60 % auprès d’unités de restauration collective “autogérées” (dépendantes des collectivités locales), 20 % auprès des lycées et collèges (gérés par l’Education Nationale), et enfin 20 % auprès des restaurants d’entreprises (via des prestataires de services comme Sodexho). Une activité qui demeure cependant difficile, en raison de l’inconstance de la demande. « La majorité de nos clients nous contactent pour des repas à thème » souligne Serge Atia. A titre d’exemple, « la Semaine du goût ajoutée au Printemps bio constitue 40% de notre activité » explique-t-il. Résultat, Biofinesse ne compte que 15 % de contrats réguliers, contre 80 % pour une société de distribution alimentaire classique. Cette problématique de fidélisation et de fréquence des commandes est logiquement « difficile à gérer» et implique « un gros effort commercial», fourni par 5 de ses 9 employés.
Un marché français qui plafonne
« Le bio garde une image de produits chers » déplore Serge Atia. Pourtant, grâce à la progression de ses volumes, Biofinesse propose aujourd’hui des repas à 1,5 euro l’unité contre 5 euros à son démarrage. Le surcoût n’est donc plus si élevé, puisque « les prix des repas conventionnels ont de leur côté grimpé pour atteindre maintenant les 1,3 euro» note l’entrepreneur. Ce dernier doit également faire face sur ce micro-marché à la concurrence d’acteurs indépendants qui pratiquent la vente directe du producteur aux collectivités… et regrette, pour s’aprovisionner, un certain manque de transformateurs de produits bio sur le territoire. Au final, selon le fondateur de Biofinesse, « le marché plafonne un peu» en France et « le bio s’y développe doucement». La société a donc fixé ses priorités : accroître la fréquence des commandes et se tourner vers l’Amérique. « Si j’investis aujourd’hui, cela ne peut être qu’à l’export» tranche Serge Atia. Le Toulousain propose donc toute sa gamme de produits, « excepté les produits carnés », sur les côtes Est et Ouest des Etats-Unis, avec une offre de repas située entre 3 et 5 euros. « Vu le potentiel du marché, avec les mêmes efforts qu’en France, on arrivera à de bien meilleurs résultats » conclut-il.