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Biogaz : un potentiel important de surplus fourrager en cas de décapitalisation

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Dans un rapport commandé par FranceAgriMer et paru le 25 septembre, le cabinet d’études Solagro fait une première estimation nationale des surplus fourragers (herbe, foin, maïs) actuellement consacrés à la méthanisation, et du potentiel rendu disponible dans un scénario de décapitalisation. Résultat : l’usage actuel représente une part « négligeable » du gisement aujourd’hui disponible, mais le potentiel est important (voir notre enquête en début d’année). Une réduction de cheptel de 23 % pour les bovins lait et de 30 % pour les bovins viande générerait une biomasse additionnelle de 11,5 MtMS (toutes choses égales par ailleurs, le climat notamment), dont 3,7 MtMS de maïs ensilage, 4,5 MtMS de foin (ou d’ensilage d’herbe) et 3,2 MtMS d’herbe prélevée aujourd’hui à la pâture. Ce chiffre est inférieur à la production de l’ensemble des surfaces libérées, car les auteurs considèrent « à dire d’expert » que 50 % des surfaces libérées « ne sont pas mécanisables (pentes, distances…) ».

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De même, ils rappellent qu’il existe déjà un surplus fourrager annuel d’environ 10 à 12 MtMS par an, soit 10 à 15 % de la ressource fourragère totale. Il est considéré comme « incompressible », car généré par l’inaccessibilité de certaines parcelles à certaines périodes (estives), aux pertes liées au stockage ou aux exportations. En 2022, FranceAgriMer avait établi un premier observatoire des ressources mobilisées par la filière biogaz, sans mentionner l’usage actuel et potentiel des prairies. De fait, le phénomène est encore marginal, mais face à un atelier d’élevage bovin qui peine à être rentable, et des surfaces de pâturage qui se libèrent par décapitalisation, le biogaz ouvre une piste de diversification et de consolidation aux éleveurs des zones intermédiaires, comme le montrait notre enquête. En Dordogne, en Haute-Vienne ou dans les Vosges, des éleveurs de bovins viande maintiennent leurs surfaces de prairies permanentes grâce à des unités de biogaz intégrant environ 30 % d’herbe.

50 % des surfaces libérées « ne sont pas mécanisables (pentes, distances…)