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Biogroupe en quête de 10 M€ pour grandir en GMS

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Biogroupe, plus connu à travers sa marque de boissons fermentées Karma, veut accélérer son développement, diversifier ses activités grâce à de nouveaux produits, et réussir son arrivée en grandes surfaces. Son dirigeant Laurent Coulloumme-Labarthe présente ses projets qui doivent permettre à l'entreprise d'atteindre un chiffre d’affaires de 60 millions d'euros en 2025. L’homme d’affaires Bernardo Incera Sanchez, ancien dirigeant de Monoprix et de la Société Générale, accompagne Biogroupe.

Bio et végétal sont sans doute les deux notions qui résument bien le positionnement de Biogroupe depuis son lancement en 2010. Les deux marchés, que ce soit en France ou bien aux États-Unis, ne cessent de se développer de pair, et depuis sa naissance, Biogroupe poursuit toujours sur la même ligne.

« Nous avons commencé notre activité en 2010 en lançant la marque de kombucha Karma dédiée au circuit des magasins biologiques, grâce à notre maîtrise de la fermentation », explique Laurent Coulloumme-Labarthe, fondateur et président de Biogroupe, basé à Erquy (Côtes-d’Armor). « Cela nous permet d’atteindre un haut niveau de qualité pour nos produits fermentés, qui restent artisanaux dans leur fabrication, tandis que nous avons automatisé tout ce qui ne relève pas de notre cœur de compétence », poursuit-il. Les produits ont une durée de conservation courte et leur fabrication ne requiert ni pasteurisation, ni conservateurs. La société se définit comme « une entreprise militante positionnée à l’avant-garde de l’alimentation durable et vivante ».

Depuis son lancement, Biogroupe se développe selon un modèle intégré consistant à maîtriser chaque étape de la fabrication à l’embouteillage. « C’est un gage d’indépendance pour nous », souligne Laurent Coulloumme-Labarthe. Les kombuchas, kéfirs et ginger beers sont confectionnés sur le site d’Erquy. Et depuis 2017, Biogroupe s’est lancé dans la fabrication de desserts végétaux fermentés à base d’amande, de coco, de riz et d’avoine, sous la marque Ya. En 2020, la marque de légumes lacto-fermentés Ferments a été lancée grâce à un partenariat avec la choucrouterie alsacienne Meyer-Wagner.

« Nous accordons la plus haute importance aux approvisionnements, en travaillant à partir de matières premières biologiques brutes. Par exemple, pour les desserts, nous partons des amandes, du riz et de l’avoine, et non de jus déjà préparés par un fournisseur », précise Laurent Coulloumme-Labarthe. La dimension locale est aussi importante pour l’entrepreneur qui a lancé une plantation de thé non loin d’Erquy afin de fournir à terme entre 6 et 8 tonnes de thé utile pour la fabrication de kombucha.

En 2020, l'entreprise a réalisé un chiffre d'affaires de 7,2 millions d'euros (contre 6,1 millions en 2019). Et son dirigeant se félicite que la société soit rentable avec un résultat net de 242 900 euros en 2020, contre une perte nette de 1,7 million d’euros un an plus tôt. Et aujourd’hui, Laurent Coulloumme-Labarthe veut accélérer le développement de l’entreprise en réalisant une augmentation de capital de 10 millions d’euros qui doit être bouclée d’ici la fin de 2021 ou début 2022. « Nous souhaitons être accompagnés soit par des fonds à impact ou partageant nos valeurs, soit par des partenaires stratégiques qui ont la même philosophie que nous », indique-t-il. La société est aujourd’hui détenue par Laurent Coulloumme-Labarthe et son épouse à 43 %, Bernardo Sanchez Incera, président de Coface (ex-directeur général délégué de Monoprix et de la Société Générale) à 32 %, Quadia à 13 %, Extendam à 7 % et Christophe Décamps, directeur général de Biogroupe, à 5 %.

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Nouveaux moyens de production

Concrètement, ces fonds seront consacrés à l’augmentation des capacités de production du site actuel, qui doit recevoir environ 5 millions d’euros d’investissements dans les cinq prochaines années. L’enjeu est de pouvoir fournir le marché en volumes suffisants, notamment pour la nouvelle mousse au chocolat végétale dans laquelle beaucoup d’espoirs sont placés. Il s’agit d’un dessert non fermenté, sans œufs, sans beurre et sans lait, des ingrédients qui sont remplacés par des protéines et graisses végétales. Une nouvelle unité de production de 300 m2 va être mise en service pour ce produit.

La société se lance aussi vers la grande distribution, un nouveau marché qu’elle commence tout juste à approcher, et qui réclame des volumes plus importants que pour la distribution spécialisée. Pour les GMS, une marque spécifique de kombuchas et kéfirs a été créée, Ucha, avec une gamme de trois produits affichant une typicité moins marquée que la gamme Karma. Depuis le printemps, Ucha est distribué dans les Monoprix, tandis que les desserts devraient arriver dans la même enseigne sous la marque Yourt.

Autre perspective de croissance : la restauration, où Biogroupe va proposer ses marques de la GMS à la fois pour la restauration haut de gamme, en quête de nouveaux ingrédients végétaux gourmands, que la restauration collective de plus en plus incitée à choisir des produits biologiques et locaux, ou même le snacking, un canal de distribution idéal pour les kombuchas et kéfirs, vus comme des alternatives aux sodas.

Autre relais de croissance : l’international. Laurent Coulloumme-Labarthe connaît bien le marché nord-américain où il a travaillé pendant dix ans. Aujourd’hui, 20 % des ventes se font hors de France, surtout en Europe. « Nous allons dupliquer ce que nous avons fait au Royaume-Uni en installant un collaborateur entièrement dédié à nos produits et les faire référencer auprès des magasins », indique Laurent Coulloumme-Labarthe. Les pays limitrophes sont visés en premier pour y ancrer durablement les marques de Biogroupe.

S’inscrivant définitivement dans les tendances sociétales et alimentaires actuelles, Biogroupe compte bien capitaliser sur la croissance des marchés bio et végétal, et sur le potentiel que représente le marché du kombucha, encore très réduit. Son dirigeant, persuadé que l’élargissement de la diffusion de ses produits en GMS et en CHR est un relais de croissance important, prévoit une forte hausse de son chiffre d’affaires. L'objectif est d'atteindre 60 millions d’euros en 2025.

Biogroupe s’est lancé dans la fabrication de desserts végétaux fermentés à base d’amande, de coco, de riz et d’avoine