Le premier collecteur français aidera davantage les conversions les plus longues, en deux ans. L’objectif est double : valoriser plus de viande en circuit bio et éviter des risques de déstockage de fourrage.
Dans un contexte de risque de surplus printanier, Biolait, premier collecteur français de lait bio, annonce, dans un communiqué de presse du 6 mai, réorienter le versement de ses aides à la conversion en production laitière bio.
Désormais, l’entreprise traitera différemment les deux types de conversion en lait bio : les conversions simultanées, les plus longues, par lesquelles l’ensemble des productions de la ferme (terres et animaux) deviennent bio en même temps en deux ans ; et les conversions non-simultanées, plus courtes, par lesquelles les terres deviennent bio au bout d’un an, puis les animaux six mois après.
Jusque-là, les deux types de conversion étaient soutenues à hauteur de 30 €/1 000 litres. Pour inciter les nouveaux adhérents à choisir les conversions simultanées, à compter du 1er mai, seules ces dernières bénéficieront de la prime sur la totalité de la durée de la conversion. Pour les conversions non simultanées, Biolait ne versera cette aide que pour une durée maximale de six mois.
Double objectif
Biolait cherche à « pérenniser l’ensemble de la filière laitière biologique », explique le collecteur. L’objectif affiché est double : valoriser davantage de viande dans le circuit bio en manque de disponibilités et prémunir les éleveurs face aux risques de déstockage des fourrages.
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En effet, après une conversion simultanée, tous les animaux en fin de vie peuvent être valorisés dans la filière viande biologique. Ce n’est pas le cas pour les conversions non-simultanées où, en sortie de conversion, la viande est toujours commercialisée dans le circuit conventionnel uniquement.
Autre argument : le déstockage de fourrage. En conversion simultanée, il est possible de nourrir les animaux avec les aliments produits sur la ferme avant la conversion. Les conversions non simultanées imposent de ne plus avoir de fourrages stockés au début de la conversion des animaux. Cela représente une prise de risque conséquente pour les éleveurs et d’autant plus importante en cas d’aléas climatiques.
Face à des agriculteurs qui pourraient être pressés – les conversions simultanées sont plus longues –, le premier collecteur français de lait bio argue le besoin de temps « pour préparer au mieux la transition des terres, des animaux, de son nouveau système de production ». Il explique aussi vouloir renforcer la crédibilité du cahier des charges bio.
Seules les conversions simultanées bénéficieront de la prime sur la totalité de la durée de la conversion