Les bioénergies ne sont pas une solution miracle. C’est le message que se sont efforcés de faire passer plusieurs Etats membres lors du dernier conseil des ministres de l’Environnement. Trop demandeuses en eau pour les Chypriotes, risquant de provoquer des distorsions de concurrence pour les Lituaniens, les cultures bioénergétiques sont également perçues par les Polonais comme ayant un impact environnemental négatif, car pouvant devenir « envahissantes ».
Stavros Dimas, le commissaire chargé de l’environnement, lui non plus n’est pas convaincu par les nouveaux carburants verts.
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S’il reconnaît l’intérêt de produire des biocarburants pour réduire la dépendance de l’UE aux importations énergétiques, il ne cache pas son inquiétude. Selon lui, « la biomasse est une ressource limitée, et ce n’est certainement pas une solution magique pour notre futur énergétique ».
Reste que ce point de vue n’est partagé ni par la Commission dans son ensemble ni par la majorité des Etats membres. Le Danemark, par exemple, se targue d’avoir réussi à intégrer 11 % de biocarburants dans sa consommation énergétique et bon nombre de pays, comme la France ou l’Italie ont de fortes ambitions pour développer ce type de production. Pour Bruxelles, les objectifs fixés sont clairs : les bioénergies devront représenter 12 % de notre consommation d’ici 2010, ce qui nécessitera une superficie de 4,1 millions d’hectares de céréales et d’oléagineux. Le commissaire à l’environnement vient donc jouer les rabat-joie au milieu de l’enthousiasme quasi-général.