Face à la prolifération des biostimulants, l’Unifa (Union des industries de la fertilisation) a réclamé le 20 octobre aux autorités une évaluation « rapide et efficace ». Le bilan de la campagne 2014-2015 montre une « légère baisse » des livraisons d’engrais et amendements minéraux basiques.
« Le nombre croissant de produits qui se prévalent d’être biostimulants, avec des allégations multiples, entretient la confusion chez les utilisateurs », a déclaré le délégué général Gilles Poidevin, souhaitant « des mesures évaluatives rapides, efficaces et des contrôles plus fréquents ». « Leur innocuité et efficacité agronomique doivent être prouvées avant la mise en marché », a-t-il ajouté.
Plus de deux cents biostimulants en vente ne sont pas légalement autorisés, a indiqué l’Unifa citant un rapport (1) remis fin 2014 au ministère de l’Agriculture. Et de préciser que seuls une trentaine de produits bénéficient d’une Autorisation de mise sur le marché (AMM), au vu de l’inventaire diffusé par le ministère.
L’Unifa avait annoncé, lors de son AG le 11 juin, la mise en place d’un groupe de travail sur les biostimulants. Une vingtaine d’entreprises adhérentes, sur un total de cinquante, y participent. L’objectif est d'obtenir une évolution de la réglementation. « Les AMM sont plus difficiles et coûteuses en France que dans les autres pays européens », a dénoncé Gilles Poidevin. Les biostimulants représentent, d’après ses chiffres, 1 M ha traités sur 18 M ha de terres arables, pour environ 5 % des ventes du secteur.
Les livraisons de fertilisants en légère baisse
L’industrie de la fertilisation a généré en 2014-2015 un chiffre d’affaires de trois milliards d’euros, en retrait de 3 % par rapport à l’année précédente, le volume de produits livrés montrant une « légère baisse », a annoncé l’Unifa.
Ses cinquante sociétés membres ont livré 12 Mt de produits fertilisants sur la campagne écoulée, a indiqué l’organisation professionnelle.
Les livraisons d’engrais sont restées globalement stables à 9,2 Mt, une légère hausse de l’azote minéral (+1 %) et du soufre (+2 %) compensant la baisse du potassium (-1 %) et surtout du phosphore (-9 %). Les amendements minéraux basiques ont en revanche connu une baisse de 5 % des tonnages livrés, à 2,8 Mt. « Largement utilisés en zone d’élevage, les amendements minéraux basiques ont reculé sous l’effet des conditions météo entraînant des difficultés d’épandage et des problèmes économiques », a expliqué Gilles Poitevin. En plus de ce tassement des volumes, « les prix ont baissé en moyenne de 1 % à 2 % sur l’année », a-t-il ajouté.
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Distorsion concurrentielle
À quelques semaines de la conférence mondiale de Paris sur le climat (Cop21), l’Unifa, qui représente la quasi-totalité de la production française d’engrais et les trois-quarts des volumes livrés dans l’Hexagone, affirme que « les industries françaises de la fertilisation ont diminué de 75 % leurs émissions de gaz à effet de serre » depuis 2005.
Alors que la production française d’engrais ne cesse de décliner (-42 % depuis 1990), l'organisation réclame que les produits importés de pays extra-européens soient « soumis aux mêmes contraintes » environnementales, notamment les engrais azotés chinois « fabriqués à partir de charbon » quand les Européens utilisent surtout du gaz naturel, a expliqué Gilles Poitevin.
L’Unifa plaide pour « une barrière non tarifaire » au niveau européen, sous forme de « norme technique » fixant un seuil maximal d’émission de dioxyde de carbone (CO2) pour les produits commercialisés dans l’UE.
JCD
(1) "Produits de stimulation en agriculture visant à améliorer les fonctionnalités biologiques des sols et des plantes", Deloitte et Rittmo Agroenvironnement