De nouveau, une forte hausse des prix des grandes cultures... Est-ce la répétition de la flambée des prix de 2008 ? Non, pas vraiment, même si les conséquences peuvent être similaires. En 2008, cette hausse avait été brutale, prenant tout le monde de court. Et on n’avait jamais connu une telle situation, ou presque.
Aujourd’hui, on voit venir cette flambée. Les raisons physiques et météo semblent claires. Même si le niveau des stocks est plus élevé qu’il y a quatre ans. Mais la demande, en produits carnés de la part des pays émergents surtout, est forte. Donc, les opérateurs et gouvernements peuvent voir les hausses venir. Pour la France, le phénomène est prometteur : nous aurons une récolte importante à vendre sur des marchés mondiaux qui manqueront de matière et seront prêts à payer cher. On ne peut rêver mieux.
Mais les dommages collatéraux peuvent être considérables. Pour les éleveurs tout d’abord. Les fabricants d’aliments du bétail ont cependant des outils pour anticiper dans une certaine mesure : les marchés à terme, notamment. Et ils ont sans doute le temps de se préparer à des formules d’alimentation plus économiques. Il n’empêche : l’élevage risque à nouveau de payer cher cette flambée des prix. Les consommateurs aussi. On voit d’ici les ajustements d’étiquette et les protestations des organisations de consommateurs.
Pour toutes ces raisons, il est urgent de se concerter au niveau des filières et avec les distributeurs. Réactiver les cellules de négociation commerciale et les accords grandes cultures-élevage pour tempérer ces dommages collatéraux. Les acteurs privés ont intérêt à ne pas chômer. Ils savent sans doute que le gouvernement actuel, qui se montre chatouilleux sur le pouvoir d’achat des consommateurs, pourrait prendre, en cas de dérapage, des mesures radicales.

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