Lentement mais sûrement les grands équilibres de l’agriculture française tendent à se transformer. Le dernier recensement montre à la fois l’émergence de grandes exploitations et une prédominance des grandes cultures (céréales, oléoprotéagineux) de plus en plus marquée sur l’élevage et les autres productions. Partout, la restructuration et la réduction du nombre des exploitations est impressionnante, sauf en grandes cultures. Il ne faut pas s’en étonner. Les difficultés à dégager un revenu sont telles en élevage, couplées souvent à une pénibilité du travail, que tout concourt à en réduire la part et augmenter celle des grandes cultures. Et ceci quels que soient les efforts des politiques agricoles qui, depuis 1992, ont tenté d’améliorer les conditions économiques des éleveurs. La France va-t-elle devenir exclusivement une terre à blé ?
Ce n’est évidemment pas possible, au moins pour une raison simple : les céréaliers ont besoin des éleveurs qui représentent leurs principaux clients pour nourrir leurs animaux. Voilà pourquoi les producteurs de grandes cultures devraient faire attention à ce que l’élevage français ne tombe pas en dessous d’un seuil critique qui pourrait leur poser un problème de débouché. Ils doivent prendre garde aussi à ce que les seuls éleveurs qui s’en sortent ne soient ceux qui produisent eux-mêmes leurs aliments du bétail. C’est pourtant bien ce qui se passe aujourd’hui, en production porcine par exemple. L’histoire de l’agriculture française est l’histoire d’un développement conjoint des « labourages et pâturages ». Cet équilibre semble en train d’être rompu aujourd’hui. Ce n’est pas sans risque.
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