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Blé : le Brésil ouvre davantage son marché aux pays non-membres du Mercosur

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Le Brésil vient de porter à 1,2 million de tonnes son contingent d’importation de blé à droit nul pour les pays non-membres du Mercosur. Cette mesure met sur un pied d’égalité les pays exportateurs de céréales de l’hémisphère nord par rapport à l’Argentine, principal fournisseur du marché brésilien et cible politique de Jair Bolsonaro.

Le gouvernement du Brésil a élargi de façon exceptionnelle son contingent d’importation de blé exempté de droits de douane ouvert aux pays situés hors du Mercosur : il passe de 750 000 tonnes (t) à 1,2 million de tonnes (Mt) utilisable du 1er juillet au 17 novembre prochain.

Les origines nord-américaine, russe, mais aussi française, devraient en profiter. La responsable de la veille internationale à France Export Céréales, Orianne Vialle, informe, en effet, que du blé français a été commercialisé au Brésil l’an passé, sans toutefois préciser les volumes engagés. Les grands exportateurs de céréales de l’Hexagone contactés par Agra Presse n’ont pas souhaité faire de commentaire à ce sujet.

Le Brésil déficitaire en blé

Déficitaire net en blé, le Brésil importe environ 60 % de ses besoins annuels estimés à 12,5 Mt par l’institut de statistiques public Conab, qui pronostique une récolte locale de 5,7 Mt disponible à partir de novembre prochain. Les meuniers basés en Argentine sont, de loin, les principaux fournisseurs du marché brésilien, tirant profit de leur proximité géographique et d’une exemption de taxe au sein de l’union douanière sud-américaine. Hors du quota en question, les sociétés opérant depuis les pays non-membres du Mercosur doivent s’affranchir d’une taxe externe commune de 10 % pour vendre leurs céréales et farines dans la région.

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Critique du Mercosur, le président Jair Bolsonaro a mis ainsi tous les fournisseurs de blé du Brésil sur un pied d’égalité fiscale en créant, l’an dernier, un quota d’importation non taxé de 750 000 t. Il l’a fait pour réduire la dépendance de l’industrie alimentaire brésilienne au blé argentin, lequel s’exporte toujours davantage en Asie et pourrait faire défaut en cas de mauvaise récolte.

Cette rallonge qui profitera aux blés de l’hémisphère nord, a été accordée dans le contexte de crise économique et sanitaire lié à la propagation du Covid-19. « Le but est de contenir l’inflation des prix des produits dérivés du blé dont la demande croît depuis le début de la crise sanitaire », selon le président d’Abitrigo, Rubens Barbosa. En 2019, les sociétés exportatrices de blé de l’hémisphère nord ont fourni au Brésil 647 500 t, soit 9,8 % de ses importations, selon l’institut Conab.

« Le but est de contenir l’inflation des prix des produits dérivés du blé »