Dans un marché toujours dominé par la Russie, le retour de la Chine dans les achats de blé a favorisé un bref rebond du prix du blé, a indiqué le 5 octobre Sébastien Poncelet, analyste au cabinet Agritel, à l’AFP. Une nouvelle en soi, alors que la demande chinoise avait nettement ralenti ces derniers mois. Premier producteur et importateur mondial de blé, la Chine a « acheté 18 à 20 bateaux » de grains français ces trois dernières semaines, soit 1 à 1,2 Mt de blé. « Un soulagement pour les exportateurs français après des mois de vache maigre dans un marché largement dominé par l’offre russe, abondante et peu chère », selon l’analyste. Le 4 octobre, le ministère américain de l’Agriculture (USDA) a annoncé une vente exceptionnelle de 220 000 tonnes de blé d’hiver de variété SRW (Soft Red Winter Wheat) à la Chine.
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Habituellement, l’Empire du milieu privilégie l’Australie pour ses achats de blé en automne. Mais « les farmers australiens, en pleine sécheresse, ne proposent pas encore à la vente leur nouvelle récolte (qui s’achèvera fin décembre), ce qui raffermit les prix en Australie », explique M. Poncelet. Aussi, la Chine cherche du blé moins cher, mais correspondant à ses exigences phytosanitaires : « C’est pour cela qu’elle achète français et américain » et pas russe, ajoute-t-il. En dépit de ces achats, le marché reste « atone », relève Edward de Saint-Denis, courtier en céréales chez Plantureux & Associés, auprès de l’AFP. En cause, une demande faible au regard d’une offre abondante, ce qui maintient une « tendance baissière des prix ». Depuis des semaines, le prix du blé oscille entre 230 et 240 €/t sur le marché européen. « La bonne dynamique chinoise apporte un soutien aux cours, mais n’est pas de nature à bouleverser le marché », souligne Sébastien Poncelet.