FranceAgriMer relève ses prévisions d'export de blé tendre vers les pays tiers, mais souligne l'alourdissement du stock fin 2014-15. Le message lancé aux opérateurs est de garder le rythme de commercialisation pour ne pas avoir trop de volumes sur les bras en fin de campagne.
« Il ne faut surtout pas mollir et poursuivre une dynamique de ventes fortes, a insisté le président du conseil spécialisé céréales Rémi Haquin le 10 décembre. Même si les prix ont rebondi, les opérateurs ne doivent pas laisser passer des marchés. » Les exportations vers
les pays tiers sont portées à 8,5 Mt de blé tendre (contre 8,2 Mt estimées en novembre), conséquence de livraisons fourragères inhabituelles vers les Etats-Unis, la Corée du Sud et la Thaïlande. Ces trois destinations totalisent presque 200 000 t depuis le début de la campagne. En parallèle, le stock fin 2014-15 est réévalué à 4,5 Mt (contre 4,3 Mt).
« Rien ne dit que les flux d'exportation vont se maintenir, a renchéri la chef de l'unité grandes cultures Olivia Le Lamer. La situation se complique, avec une concurrence accrue sur l'Algérie. » « 4,5 Mt de stock final pour le blé tendre, c'est extrêmement lourd. A cela s'ajoutent 4,1 Mt en maïs », un volume qualifié d'« élevé ».
Des ventes inférieures à l'an dernier
3,6 Mt de blé tendre ont été embarquées au 8 décembre vers les pays tiers depuis les ports français, soit 9 % de moins que l'an dernier à date équivalente. La France, traditionnellement 1er exportateur de l'Union européenne, n'est pour l'instant qu'en 2e position, avec 25 % des ventes en direction des pays hors UE, derrière la Roumanie, qui totalise 31 %. En cause, une qualité de récolte très inférieure aux niveaux habituels.
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Dans le détail, 1,3 Mt de blé français a pour l'instant été chargé vers l'Algérie, contre 2,2 Mt à la même époque en 2013, année exceptionnelle. Quelque 840 000 t ont été achetées par l'Egypte, contre zéro l'an dernier à la même date, grâce à des prix très compétitifs. 300 000 t ont pris la direction du Maroc, contre 100 000 t au même moment de la campagne précédente.
La Russie inquiète les marchés
Côté prix mondiaux, la hausse des céréales s'est poursuit en novembre, alimentée par les craintes de cultures anéanties par le froid en Russie. L'annonce par Moscou de restrictions à l'export a amplifié la tendance. Rosselkhoznadzor (Service de surveillance vétérinaire et phytosanitaire) a fait part le 28 novembre de son intention de durcir les exigences qualitatives liées à la délivrance de certificats. Il s'agit manifestement de mettre en place une méthode de régulation non tarifaire de contrôle du volume des exportations, afin de garantir l'approvisionnement du marché intérieur. Les autorités russes ont indiqué qu'un embargo stricto sensu était « impossible ». En revanche, la mise en place d'une taxe flottante à l'exportation est envisagée comme « dernier recours ».
« Moscou a besoin que les prix intérieurs ne flambent pas », a expliqué Rémi Haquin. Les exportations russes atteignent un niveau record, à 18 Mt le 24 novembre (+23 %), ce qui assèche le marché domestique. La dégringolade du rouble pourrait y mettre un frein, en incitant les agriculteurs à de la rétention. (JCD)