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Production porcine Blocage au sein de l’interprofession de la filière porc

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Le 25 novembre s’est tenu le conseil d’administration d’Inaporc, interprofession de la filière porc. Un accord entre éleveurs, charcutiers-salaisonniers et distributeurs sur la mention d’origine des produits était en négociation. L’accord a échoué et l’interprofession se pétrifie.

«Tout est bloqué », lance Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (FNP), en parlant de l’interprofession Inaporc. « Trois raisons expliquent la situation », souligne un communiqué de presse de la FNP du 25 novembre, jour même du dernier conseil d’administration d’Inaporc. La première raison est celle pour laquelle les éleveurs ont manifesté le 22 et le 24 novembre en bloquant des sites d’industriels de la charcuterie-salaisonnerie comme Aoste et Herta. Les éleveurs demandent, au travers de la FNP, à ce que le pays d’origine des produits issus du porc aux rayons frais et charcuterie soit clairement identifié. Fini les « transformé », « élaboré » ou « fabriqué en France », mentions jugées « trompeuses » par Jean-Michel Serres. La FNP demande par ailleurs l’application de la mention Viande porcine française (VPF) sur les emballages. Ce label correspond à un cahier des charges français bien précis et unique en Europe, qui n’est pas suffisamment valorisé auprès du consommateur. « L’essentiel de la viande porcine est sous VPF », explique Jean-Michel Serres, mais pas complètement d’où la nécessité de cette mention d’origine.

Pas de mention d’origine sur l’emballage des produits
La grande distribution s’était engagée à exiger cet affichage VPF auprès de ses fournisseurs. Les éleveurs avaient effectué de longues campagnes de stickage, dès septembre, dans les grands magasins pour alerter le consommateur mais surtout faire pression sur les charcutiers-salaisonniers et les distributeurs afin que VPF soit clairement affiché. Depuis la Fédération des industriels charcutiers traiteurs (Fict) a évolué sur le sujet et comme le précise Jean-Michel Serres, « elle va rentrer dans l’association ». Mais côté mention d’origine, si la Fict accepte de la voir affichée sur les prospectus ou les affiches publicitaires, visiblement elle se refuse à la voir collée sur l’emballage du produit lui-même. Dans un communiqué de presse du 25 novembre, elle se dit « prête dans un but de meilleure information du consommateur à demander à ses adhérents de compléter les mentions “fabriqué en France”, “élaboré en France” et “transformé en France” avec l’indication de la provenance des viandes porcines utilisées pour la fabrication de la charcuterie/salaison ». Proposition jugée insuffisante par les producteurs. Pour eux, outre le manque de clarté du message, ce dernier n’est apposé que sur 10% des produits de charcuterie et les industriels ne se sont pas engagés à en étendre le principe. La Fict rappelle, par ailleurs, « que, sur le marché unique européen, la réglementation prévoit l’indication volontaire de l’origine des matières premières utilisées dans les produits élaborés. Cette mesure ne peut pas être généralisée dans le contexte actuel de la concurrence européenne. » L’accord n’a donc pas été conclu.

Jouer sur la grande distribution pour faire pression
La Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) « accepte de signer un accord sur l’origine, mais ne l’appliquera pas sans consensus interprofessionnel », selon le communiqué de presse de la FNP qui dénonce « un double langage » de cette fédération. La troisième raison du blocage, selon la FNP, provient « de la décision du Comité régional de Bretagne, de Coop de France Bétail et Viande et du Syndicat national des industriels de la viande (SNIV-SNCP) de bloquer les financements d’Inaporc en l’absence d’accord », espérant ainsi faire évoluer la situation. Sur cette dernière décision, Jean-Michel Serres est en désaccord : « Cela va se retourner contre les maillons les plus faibles, c’est-à-dire les éleveurs. » Alors, que faire ? « Il faut que la Fict mesure qu’elle est une source de blocage dans la filière et que les distributeurs sont autant autistes que les industriels de la charcuterie-salaisonnerie », déclare Jean-Michel Serres. À la suite d’une réunion le 2 décembre prochain de la FNP, « des actions seront engagées […] afin que les maillons de l’aval de la filière, et notamment les distributeurs, prennent leurs responsabilités en demandant à leurs fournisseurs la mention d’origine des produits ». La grande distribution sera donc la cible des futures actions des éleveurs, d’autant plus que, selon Jean-Michel Serres, elle a réduit ces derniers temps ses efforts envers le logo VPF.

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