• La Conf' reste en retrait, estimant que la FNSEA défend le groupe Avril
La Confédération paysanne est restée en retrait des actions du syndicalisme majoritaire. Dans un communiqué le 11 juin, elle estime que la FNSEA « mobilise ses troupes pour défendre les intérêts du groupe Avril, concurrencé par le pétrolier Total, pour capter le marché des agrocarburants ». Pour la Conf', la FNSEA use d’un « double discours ». Elle estime que « dans les cabinets ministériels […], régulièrement, la FNSEA demande toujours plus de dérégulation, de libéralisme et toujours plus d’accès au marché ». Le syndicat dénonce « l’instrumentalisation de cette question au profit des intérêts très particuliers de l’agro-industrie ». Elle concède toutefois que « les importations d’huile de palme, dont la production est une catastrophe en termes de déforestation et d’impacts sur les paysans du sud, doivent être dénoncées ». Pour autant, elle estime que « transformer de l’huile de colza en agrocarburant est aussi une impasse pour les paysans, dont le bilan environnemental s’avère calamiteux ». Pour la Conf', « la filière des agrocarburants est au bout de son incohérence en matières technique, économique et environnementale ».
• La Coordination rurale soutient les actions en manifestant devant le siège d’Avril
La Coordination rurale a réagi différemment de la Confédération paysanne. Comme cette dernière, elle défend farouchement la protection du marché intérieur mais s’oppose à la filière biocarburants française. Elle a cependant choisi d’afficher son soutien aux blocages de raffineries de la FNSEA et des JA… à sa manière. Une action a été organisée le 11 juin devant le siège d’Avril, à Paris, pour dénoncer ses importations d’huile de palme. « Le groupe Avril, par ailleurs leader mondial pour la production de semences de palmiers à huile, importe lui aussi massivement de l’huile de palme pour fabriquer du biodiesel : près de 200 000 tonnes/an », affirme le syndicat dans un communiqué (en fait quelque 127 000 t selon les chiffres de l’industriel). « Mais la CR déplore qu’encore une fois les liens étroits entretenus entre la FNSEA et certains industriels ne viennent fausser le débat et servir des intérêts particuliers. »
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• Le Modef « solidaire » pour dénoncer les « contradictions » du gouvernement
À l’inverse, le Modef s’est déclaré, sans réserve, "solidaire" de l’action de la FNSEA et des JA qui, résume le Modef, "dénoncent les contradictions du gouvernement qui les obligent à respecter des normes européennes et françaises auxquelles des produits importés comme les cerises ne sont pas soumis". Le Modef met en avant son opposition aux accords de libre-échange avec les États-Unis, le Canada et le Mercosur. Pour le Modef, "il est urgent que la France et l’Europe mettent en place une politique agricole commune qui sécurise les paysans avec objectifs principaux la souveraineté et la sécurité alimentaire et qu’elles cessent de tuer les exploitants familiaux en ouvrant les marchés aux traités de libre-échange". Sur le sujet des biocarburants, le Modef se positionne en faveur du « développement des moteurs à hydrogène » et contre l’importation d’huile végétale, notamment l’huile de palme pour la production de biocarburant ».
Pour la Conf', la filière des agrocarburants est au bout de son incohérence
Le Modef réclame une Pac qui cesse de tuer les exploitants familiaux en ouvrant les marchés aux traités de libre-échange