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Viande bovine Bœufs aux hormones : un stéroïde suspecté de causer des troubles

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Le laboratoire américain Merck a suspendu la vente aux Etats-Unis de l’hormone bovine Zilmax, le 16 août. Pour la Fédération nationale bovine (FNB), c’est une confirmation de son opposition aux feed-lots américains.

Le laboratoire américain Merck a suspendu la vente aux Etats-Unis de l’hormone bovine Zilmax, le 16 août. Quelques jours auparavant, le groupe agroalimentaire américain Tyson Foods avait constaté que des bœufs ayant reçu de l’hormone Zilmax pour accélérer leur engraissement avaient « des difficultés à se déplacer » ou étaient « incapables de se mouvoir ». Le laboratoire précise que la suspension des ventes vaut aux Etats-Unis et au Canada : « cela va donner assez de temps pour établir des études de protocoles valides ». Pour rappel, les ventes de Zilmax aux Etats-Unis et au Canada ont atteint 159 millions de dollars en 2012. Le géant Tyson Foods, qui représente 26% du marché américain de la viande bovine, a précisé qu’il allait cesser d’acheter du bœuf nourri avec l’hormone stéroïde Zilmax.
 
Un virage dans l’affaire du « bœuf aux hormones » ?
Pour la Fédération nationale bovine (FNB), « cette affaire confirme les conditions d’élevage désastreuses des bovins aux Etats-Unis, auxquels on fait ingurgiter des molécules relevant plutôt de la médecine que de la zootechnie ». L’affaire Zilmax tombe au cœur des négociations bilatérales avec les Etats-Unis qui ont repris mi-2013. Un des produits sensibles est précisément la viande bovine issue d’animaux hormonés. Les Européens refusent d’en importer, alors que les Américains se sont fixés pour objectif d’ouvrir des contingents d’exportation vers l’Union européenne. Pour rappel, le dossier du « bœuf aux hormones » est sensible depuis plusieurs années. En 2008, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) condamnait l’Union européenne qui refusait d’en importer. Elle avait dû payer une amende aux Etats-Unis et faire des concessions sur la viande traitée à l’acide lactique. Dans le contexte des négociations bilatérales en cours, la FNB rappelle que « toute faiblesse, toute concession sur les conditions d’élevage dont ferait preuve l’UE serait trahir ses consommateurs, ses citoyens et ses producteurs de viande ». Avec cette affaire Zilmax, les éleveurs insistent : « L’Europe ne doit pas tourner le dos à ses choix (…), mais, bien au contraire, pleinement les assumer et les défendre ».

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