Les 25 et 26 mars, le Palais des congrès de Paris a abrité le rendez-vous devenu incontournable des professionnels du snacking : le Salon du sandwich, ou International sandwich show. L’atmosphère est légère, les innovations nombreuses, parmi lesquelles Agra Industrie a fait son choix.
D’après une étude du Gira-Foodservice, le marché du sandwich représente 1,1 milliard d’unités vendues par an pour une valeur de 3,2 milliards d’euros. 19 % sont fabriqués par des industriels et 1,5 % par des laboratoires intégrés appartenant à des gestionnaires de distributeurs automatiques. Ces chiffres suffisent à expliquer le succès grandissant du salon qui, en 2004, a vu croître de 40 % le nombre de ses exposants à 180, et de 20 % celui de ses visiteurs. Le sandwich est à l’honneur dans ce salon, mais les autres produits de snacking ne sont pas en reste : boissons, produits traiteur frais et pâtisseries sont également bien représentés.
Resto’Folies lance le sandwich du futur…
Quand Rémi Mougin a créé son entreprise de sandwichs industriels en 1990, le marché en était à ses balbutiements et seuls deux acteurs se le partageaient, Daunat et Bistroville. Depuis, la PME de Croix, dans le Nord-Pas-de-Calais, s’est spécialisée dans les produits destinés aux distributeurs automatiques et propose, sur ce créneau principalement, une soixantaine de références de sandwichs et de viennoiserie industrielle. Ses dirigeants ne manquent pas d’idées, mais leur taille ne leur permet pas toujours d’aller au bout de leurs ambitions. Ils aimeraient, par exemple, proposer des viennoiseries en distributeurs à côté des machines à boisson. En 2003, Resto’Folies a réalisé 2,8 millions de chiffre d’affaires.
L’offre sandwichs, proposée sous la marque Miam Folies, principalement en pain baguette, va prochainement accueillir un nouveau venu : le Super Miam. Ce sandwich fourré sera présenté « dans un emballage qui se situe à mi-chemin entre le paquet de chips et le conditionnement de barre chocolatée », indique Hubert Mougin, le fils du fondateur. Parler de cette innovation est un enjeu de taille : « Si nous ne communiquons pas autour du produit, nous risquons de nous faire dépasser. Nous avons déjà eu l’expérience d’innovations qui nous sont passées sous le nez et ont été attribuées à d’autres. Cette fois-ci, nous voulons que cela se passe autrement », insiste Hubert Mougin.
… et Speedwich un sandwich rond et fourré
Toujours au rayon des sandwichs, le produit star du salon, celui qui a fait le plus parler de lui en tout cas, est sans conteste le Speedwich. Autre sandwich du futur, celui-là se présente sous la forme d’un pain roulé fourré. Les garnitures proposées sont variées, et le sandwich commercialisé dans une barquette qui en contient quatre. Par exemple, l’un des menus offre pour garniture du jambon, du surimi, des œufs mimosa et du fromage. Pierre Rouvre, créateur et dirigeant de l’entreprise ajoute : « Le sandwich fourré n’avait pas encore de nom propre mais sur le salon il s’appelait le Speedwich. Le nom pourrait convenir, mais il ne pourrait être conservé pour des produits sous marque de distributeurs. Il va falloir lui en trouver un autre.»
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Ce cadre de l’agroalimentaire, qui a fait ses classes chez Lenôtre et Docks de France a décidé, il y a quelques années, de fonder sa propre entreprise agroalimentaire. « De formation cuisinier, je savais presque tout fabriquer, explique-t-il. Un voyage en Grande-Bretagne m’a convaincu que le secteur à développer en France était le sandwich. C’est ce qui a déterminé mon choix. » Son entreprise élabore des sandwichs, mais aussi des salades et des viennoiseries, distribués en grandes surfaces et en catering, ferroviaire et autre. En 2003, Speedwich a réalisé un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros, pour 80 employés.
Innocent Drinks : une entreprise d’un nouveau type
Au rayon des boissons, les visiteurs ont pu remarquer un « ovni » venu de Grande-Bretagne : l’entreprise Innocent Drinks. Animé par de jeunes Anglais branchés, le stand proposait aux visiteurs de petits verres de Smoothies, boisson composée de fruits écrasés et de jus de fruits que la plupart des visiteurs goûtaient pour la première fois. Créée en 1996, Innocent a une histoire originale : ses trois créateurs, épuisés par leur rythme infernal métro londonien-boulot-dodo, et par leur alimentation peu équilibrée, ont voulu lancer un produit naturel qui pourrait être consommé comme les autres produits de snacking. Leur choix s’est arrêté sur les Smoothies et après un test probant, ils ont lancé leur industrialisation à Milton Keynes, près de Londres. Le succès ne s’est pas fait attendre et l’entreprise a bouclé l’exercice 2003 avec un chiffre d’affaires de 11 millions de livres, soit 16 millions d’euros. S’adressant au consommateur de manière simple, l’entreprise a su séduire les Britanniques et souhaite se lancer à l’assaut de l’Europe. « Ce salon sera pour nous l’occasion de voir si le marché français est intéressé. Nous exportons déjà en Irlande et en Belgique », explique Adam Balon, l’un des trois fondateurs.
Atrebates refait surface
Acteur généraliste des produits de grignotage, Atrebates est peu connu sous cette raison sociale, mais davantage sous son ancienne dénomination de Compagnie gourmande. Celle-ci avait repris en 2002 la société et la marque Magdis, créées près de vingt ans auparavant. L’année suivante, la Compagnie gourmande a été mise en faillite et rachetée in extremis par un investisseur privé au mois de juillet dernier. Depuis lors, la production a repris et les lignes continuent de fabriquer pizzas, parts de tartes sucrées ou salées, sandwiches… Atrebates commercialise ses produits sous les marques Délices de Marion, Desserts Gourmands, Tartes fines et Magdis. Le chiffre d’affaires 2003 s’est élevé à 13 millions d’euros. Pour Atrebates, ce salon est l’occasion de se montrer sous sa nouvelle forme.
Le salon, avant tout un lieu d’affaires pour les professionnels, ne manquait pas de fabricants venus proposer des ingrédients pour sandwichs. Parmi eux, l’entreprise André Bazin, rachetée par deux de ses cadres en 2003, avait fait le voyage depuis l’Est de la France pour proposer aux industriels toute une gamme de salaisons prédécoupées. Philippe Wagner, directeur général de l’entreprise (10 millions d’euros de chiffre d’affaires), annonce avoir des projets dans les productions locales comme la saucisse de Montbéliard. Pour les satisfaire, André Bazin pourrait croître dans le courant de l’année prochaine…