Face à un marché du champignon bouleversé par la progression du champignon frais, France Champignon, dans le giron de Bonduelle depuis 2010, restructure à nouveau. Deux sites doivent fermer leurs portes.
France Champignon, racheté par Bonduelle à Butler Capital en 2010, prévoit une lourde restructuration. Le projet prévoit de concentrer la production de conserves de champignons de Paris naturels et cuisinés sur le site de Doué-la-Fontaine (49) au détriment de l'usine de Thouars (79) ainsi que l'arrêt de l'usine de Falaise (14), spécialisée dans les champignons de Paris pasteurisés. Dans un communiqué du 5 mars, France Champignon met en avant « un contexte de surproduction européenne et de baisse significative et structurelle des prix » pour justifier ces restructurations.
DES PLANS SOCIAUX À UN RYTHME RÉGULIER
Le site de Thouars, voué à fermer, emploie 138 personnes selon la direction. 77 reclassements seront proposés à Doué-la-Fontaine (à 25 km), annonce-t-elle. Le transfert de production à Doué-la-Fontaine sera finalisé en juin 2016, au terme d'un investissement de 6,4 millions d'euros pour construire des bâtiments de stockage, installer de nouveaux stérilisateurs et construire un atelier spécifique pour la gamme de champignons cuisinés. Le site de Falaise, qui emploie 29 personnes, fermera au plus tard en janvier 2016. France Champignon souhaite trouver un repreneur d'ici là. Outre ces sites, France Champignon compte une usine en Pologne, une dans les Landes et une plateforme logistique à Montreuil Bellay (49).
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En 2010, alors en cours de cession, France Champignon avait lancé la fermeture du site de Beaufort-en-Vallée (49), qui employait 150 personnes. Ce plan social avait fait suite à d'autres, dans l'amont.
Bonduelle, qui a revu à la hausse ses objectifs 2015 (Agra Alimentation du 26 février 2015), a écopé l'an passé d'une amende de 30 millions d'euros (auxquels il faut ajouter 2 millions d'euros de frais de procédure) pour une entente dans les champignons en conserve. En octobre dernier, Christophe Bonduelle, qui rappelait à Agra Alimentation que le marché du champignon ne se portait pas bien, déclarait ne pas vouloir en sortir pour autant. « Mais nous avons une exigence de résultat. Si structurellement, nous devions continuer à employer des capitaux sans redressement, nous nous poserions des questions », avait-il prévenu.