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Produits laitiers/Résultats Bongrain entend s’adapter à la crise et poursuivre sa croissance

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« Le pouvoir d’achat des consommateurs est attaqué, les distributeurs se livrent à une lutte acharnée et il va falloir s’adapter à une volatilité structurelle des marchés et de l’environnement ». Tel est le constat fait en ce début d’année par Alex Bongrain, président du groupe familial, commentant les résultats de l’année 2011. Il mise sur la bonne situation financière de la société, afin de continuer d’innover et investir dans la publicité et les nouveaux modes de communication pour faire face à la crise « qui n’est pas la fin du monde, mais peut être source de progrès ».

Présentant à la presse et aux analystes financiers, ses résultats pour l’année 2011, Bongrain a confirmé une progression de son chiffre d’affaires de 11,56% à
3 981 millions d’euros, une performance qui traduit une croissance interne de 7,3% et un effet périmètre de 4,5% qui ont permis de contrebalancer un effet de change négatif de 0,5% (voir Agra alimentation du 15 mars 2012). La croissance externe a été notamment portée par la prise de contrôle, en janvier, de la société Milkaut (Argentine) dont il était déjà actionnaire depuis 2006 à 40% et qui va lui servir de relais de croissance en Amérique du sud, mais également par sa participation majoritaire dans le distributeur alimentaire chinois Sinodis. L’international pèse d’ailleurs de plus en plus dans les activités du groupe. La France a perdu sa place de leader, ne représentant plus que 32,1% du chiffre d’affaires (contre 33,6% en 2010), au profit du reste de l’Europe de l’ouest, malgré un recul de 35,3% à 33,1%. En revanche, les pays d’Europe centrale et orientale (Peco) voient leur part progresser de 8,3% à 9,1%, tandis que le reste de l’international prend de plus en plus de poids, passant de 22,8% à 25,7%.

Un contexte difficile
Cette croissance des ventes s’est toutefois déroulée dans un contexte de hausse des cours des matières premières comme le lait (327 euros en fin d’année, soit un record depuis 2008) et les emballages qui n’ont pu être répercutées aux circuits de distribution, GMS ou Food service, qu’avec un décalage de quelques mois. Il a également fallu adapter les prix pour tenir compte du pouvoir d’achat des consommateurs dans certains pays très durement touchés par la crise. Cet environnement qualifié de difficile a touché le résultat opérationnel courant en recul de 141,1 à 130, 7 millions pour 2011. Les produits fromagers sont les plus affectés (113,8 millions contre 123,1 en 2010) tandis que les autres produits laitiers s’en sortent mieux (30,9 contre 29,6 millions), tirés par la hausse des cotations mondiales pour les poudres de lait ou de serum ou les matières grasses).

Parier sur la nouveauté et la communication
Le leader mondial des pâtes molles (Caprice des Dieux en France, Géramont en Allemagne ou Turek en Pologne) a renforcé ses positions et réalise des ventes deux fois supérieures à celle de son principal concurrent. Il entend également conforter sa présence sur les pâtes fraiches, tant en France (Tartare ou St Moret) qu’à l’international avec les belles performances de Milkana en Russie ou d’Angulo malgré la grave crise que connaît l’Espagne. Pour l’avenir, le groupe va exploiter trois tendances porteuses, explique Jean Paul Torris, vice-président et directeur général délégué. La première est celle de la naturalité avec des produits nouveaux incorporant ail et fines herbes (Tartare) ou faisant référence à des pratiques traditionnelles (St Moret moulé à la crème). L’autre axe est de parier sur la vogue du snacking et prêt à consommer. Cela passera par un développement des portions individuelles, ou destinés aux moments festifs (Apérivrais). De la même manière, le groupe entend accompagner le retour vers la cuisine familiale, véritable phénomène mondial. Il s’agit pour cela de proposer des produits qui pourront constituer le plat principal, comme la Tartiflette de RichesMonts en France ou Milkana en Allemagne ainsi que sur les ingrédients pour les plats cuisinés (crèmes fraîches Elle & Vire au curry, sauces béchamel) ou fromages râpés. Pour accompagner ces nouveautés, Bongrain veut s’appuyer sur les moyens de communication en vogue : émissions de télévision consacrées à la cuisine avec lesquelles se sont noués de réels partenariats mettant en valeur les produits du groupe, sites internet proposant des recettes de cuisine ou enfin les réseaux sociaux tels que Facebook ou les blogs. « La crise n’est pas la fin du monde, mais d’un monde qui nous incite à nous remettre en cause et porter sans cesse de nouveaux projets », conclut Alex Bongrain. Pour lui, son groupe bénéficie pour cela d’une situation financière saine qui lui permet d’investir dans tous ces modes de communication. Il peut également compter sur son indépendance financière qui ne le soumet pas au bon vouloir d’actionnaires trop puissants.

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