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Produits laitiers/Résultats Bongrain parie sur sa stratégie d’investissements industriels

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Le groupe laitier Bongrain a investi 145 millions € en 2012 dans ses outils de production, tant pour la mécanisation que la spécialisation de ses usines. Une politique que le groupe se promet de poursuivre, a-t-il annoncé lors de la présentation de ses résultats le 14 mars. Une condition sine qua non pour améliorer la marge opérationnelle et la qualité des produits pour apporter « toujours plus de plaisir aux consommateurs », a estimé Alex Bongrain, p.-d.g. du groupe. Une ligne de conduite dont il veut rester maître, n’entendant pas apprendre de la grande distribution l’art de faire son métier.

Les investissements industriels engagés par Bongrain ont représenté 145 millions€ au cours de l’exercice écoulé, un chiffre largement supérieur à la moyenne de ces dernières années. « Il pourrait être de nouveau compris entre 130 et 140 millions € en 2013 », a précisé François Wolfovski, le directeur administratif et financier. « Il faut maintenir cette stratégie en ces temps qui s’annoncent difficiles », a renchéri Jean-Paul Torris, directeur général délégué, car il faut « poursuivre l’amélioration de la productivité industrielle, aller plus loin dans l’innovation et renforcer les marques du groupe par une poursuite des investissements publicitaires ». Il a en effet confirmé (voir Agra Alimentation du 7 mars 2013) avoir les moyens financiers de faire face à ce défi. En dépit d’un chiffre d’affaires en faible progression de 2,6% à 4 084 millions €, le résultat opérationnel progresse de 22,3% à 132,0 millions (3,2% du chiffre d’affaires, contre 2,6%). Le résultat avant impôt ressort à 116,6 millions, soit 2,9% du chiffre d’affaires (contre 84,5 millions et 2,1% en 2011) et le résultat net ressort à 63,6 millions ou 1,6% du CA (43,6 millions et 1,1%). Quand bien même les performances 2012 ne sont pas aussi flatteuses qu’en 2010, le redressement est net. « La crise a été source de progrès », juge modestement Alex Bongrain.

Prudence pour l’avenir

La stratégie suivie a donc été payante, estime le groupe et les grandes options seront maintenues : soutien aux marques traditionnelles, amélioration de la qualité des produits pour tirer un profit maximum de l’atout plaisir de ceux-ci, satisfaction du consommateur, gagner en performance industrielle pour améliorer la marge opérationnelle, développer l’international et valoriser les produits laitiers à plus forte valeur ajoutée. « Il faut aller au-delà de la simple satisfaction de nourrir en proposant des produits innovants et de qualité », explique Jean-Paul Torris. Tous objectifs qui sont difficiles à atteindre dans un contexte économique qui voit le moral des consommateurs au plus bas, une perte du pouvoir d’achat, un renchérissement du coût des énergies, des frais de personnel en hausse et des dépenses de publicité à ne pas négliger. « L’arrivée de Kraft et de sa marque Philadelphia à grands renforts de publicité a animé le marché et cette campagne publicitaire a profité à tous », analyse-t-il, mais il faut être également présent sur ce type d’investissement.
Dans cet environnement, le grand danger est de se voir « imposer des baisses de prix, comme a tenté de le faire la grande distribution, dans des négociations qui n’ont jamais été aussi dures ». Cependant Bongrain « n’entend pas à céder à l’opportunisme de court terme et sacrifier sa marge ». Le groupe refuse de devenir le simple sous-traitant aux ordres de la grande distribution qui n’a pas à dicter aux industriels ce qui est juste en termes de prix. « Notre métier est d’innover et d’offrir ce qui est bon, il faut qu’on nous laisse le faire comme nous savons le faire ». De la même manière Bongrain entend poursuivre sa politique de relation de « confiance et proximité avec les éleveurs dans une démarche de qualité et de développement durable, en payant un juste prix, indispensable pour l’équilibre de toute la filière », analyse Robert Brzuscak, directeur général délégué en charge des produits laitiers. « L’objectif est de travailler en confiance et proximité avec les producteurs pour assurer aux consommateurs des produits plus naturels, plus proches et plus sûrs ». Cela permet d’aborder l’avenir avec confiance, sans se départir d’une grande prudence.

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