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« Les producteurs de jus de fruits naviguent entre enthousiasme et inquiétude », a estimé devant la presse le 10 avril, Emmanuel Vasseneix, président de l'Union nationale interprofessionnelle des jus de fruits (Unijus). Enthousiasme parce que le marché s’est bien comporté et a résisté face à la crise. La consommation, tous circuits de distribution confondus, a seulement reculé de 1,13% sur 2011 pour se stabiliser à 1,62 milliard de litres de jus (1). Le circuit des grandes et moyennes surfaces a progressé de 1,09% pour atteindre 1 milliard de litres et représenter désormais près des deux tiers du marché. Le hard discount perd nettement du terrain avec un recul de 6,7% pour atteindre 396 millions de litres. La tendance est au premium, les purs jus gagnant des parts de marché pour dépasser la barre des 50%, pour atteindre 51,8% contre 49,8% en 2011. Il n’en va pas de même pour les nectars qui perdent 9% de consommation en un an et tombent à 18,5%, contre 20,0% en 2011. Ils sont notamment victimes de la hausse des taxes sur les produits contenant du sucre (taxe dite soda). Les jus à base de concentré s’en tirent mieux mais perdent des parts de marché, passant de 29,7% à 29,2%.
Hausse générale des coûts de production
Le sujet d’inquiétude touche la hausse généralisée des coûts de production. « La filière toute entière est secouée par la hausse », souligne Unijus. Les matières premières, qui pèsent pour 53% du coût, sont à la hausse car payées en dollars et provenant en large partie du Brésil où les salaires pour la cueillette ont doublé en 10 ans. La hausse des prix frappe également les emballages (verre ou PET), alors qu’ils entrent pour 20% dans le prix, tout comme les frais fixes de main d’œuvre et de logistique. De même le transport (7% du coût) souffre de la hausse du prix de l’énergie et les taxes. Face à cela, les producteurs français doivent composer avec une concentration chez leurs fournisseurs : 3 opérateurs brésiliens fournissent 70% de l’offre et davantage si l’on inclut les plantations acquises en Floride et ils sont soutenus par leur gouvernement qui leur garantit des prix minimum. Il en va de même chez leurs acheteurs de la grande distribution qui sont peu nombreux face à de petits intervenants. « La profession a cependant su s’adapter et s’est montré maligne, en s’adaptant en termes de compétitivité ». Ainsi, elle a pu maintenir les prix de vente aux consommateurs à un niveau stable en 2012 : un pur jus s'est vendu en moyenne à 1,63 euro et le jus à base de concentré à 1,07 euro. Mais la multiplication des taxes « qui ont touché en plein vol le secteur des nectars » pourrait changer la donne, redoute Emmanuel Vasseneix.
(1) Nous reviendrons plus en détail sur le sujet la semaine prochaine
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