Tout le monde en convient, le nouveau scandale de la viande de cheval est une sordide affaire de margoulins, mais pose toutefois un certain nombre de questions sur l'efficacité des contrôles sanitaires. Interrogé le jour de la découverte de ce trafic, Guillaume Garot, ministre délégué à l'Agroalimentaire, s'est félicité de ce que le gouvernement ait mis depuis le début de l'année « la filière viande et poissons sous haute surveillance ». Etrange qu'il faille alors douze mois pour mettre à jour ces pratiques crapuleuses. Certes l'impact de cette nouvelle affaire n'aura pas le même effet, en termes de consommation, que la fraude constatée sur les plats préparés en début d'année et connue sous le nom de « horsegate ». Mais en matière de confiance des consommateurs vis-à-vis de l'industrie agroalimentaire, les conséquences seront sans aucun doute importantes et durables. C'est une nouvelle fois l'image de toute une industrie qui va être éclaboussée, alors que pouvoirs publics et professionnels se démènent pour vanter la qualité du made in France et tenter de gommer les réticences de certains pays à importer certaines de nos spécialités culinaires les plus emblématiques. Ajoutez à cela, les reculades permanentes de Bruxelles pour clarifier l'origine des produits que le consommateur retrouve dans son assiette. La méfiance va immanquablement se substituer à la défiance. Heureusement que la période festive qui s'annonce permettra d'oublier ce fait divers, mais il sera plus difficile de gommer une impression d'éternel retour de ces mauvaises pratiques. Bonnes fêtes malgré tout !
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