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Exportations céréales Bonnes perspectives à l’export pour les blés français en 2012-2013

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Les producteurs et exportateurs français de céréales pourraient tirer partie de l’absence de certains concurrents lors de la campagne 2012-2013. En effet, les difficultés climatiques, ayant amoindri les productions des Etats-Unis, de la Russie ou de l’Ukraine, pourraient laisser de la place aux exportations céréalières françaises cette année, notamment sur l’Egypte. Un constat réalisé par FranceAgriMer lors de son conseil spécialisé céréales le 12 septembre à La Rochelle.

«Les exportations françaises de blés vers pays tiers progresseraient de 600 000 t par rapport à 2011-2012, et le stock de report atteindrait, fin 2012-2013, un niveau suffisant de 2,364 millions de tonnes (Mt) », a declaré Michel Ferret, chef du service marchés et étude de filières, pour FranceAgriMer. Ainsi, ce sont près de 9 Mt de blé français qui pourraient trouver des débouchés vers les pays tiers lors de la campagne 2012-2013. La production de blé française est attendue à 36 Mt.

Une moindre concurrence de l’hémisphère nord…

Pour Michel Ferret, le bon courant d’affaires attendu est lié au fait que la Russie ou l’Ukraine pourraient avoir fini de vendre leurs surplus de blé avant le premier semestre de la campagne en cours, débutée au 1er juillet. La France pourrait ainsi pallier en partie l’approvisionnement en céréales de clients de la mer Noire n’ayant pas couvert leurs besoins. « L’Egypte qui annoncé qu’elle ne reviendrait pas sur les marchés céréaliers d’ici décembre s’est remise activement à acheter des céréales de la mer Noire depuis le début de la hausse des cours », a par ailleurs indiqué Michel Ferret. L’office public égyptien en charge de l’achat des céréales (Gasc) aurait ainsi déjà contracté près de 1,5 Mt de blé depuis le début de la campagne en cours. De plus, selon lui, les récoltes de céréales du Maroc et de l’Algérie ne seraient pas exceptionnelles, renforçant l’attrait traditionnel de ces pays pour les blés français. L’Égypte semble d’ailleurs aussi s’intéresser au blé français. Pour preuve, l’attribution d’un appel d’offres du pays pour 120 000 t de blé « origine France » le 11 septembre. Concernant le blé dur et le maïs, les exportations intracommunautaires devraient progresser en 2012-2013, mais régresser vers pays-tiers. Ainsi, sur une production française de maïs attendue à 15,175 Mt par FranceAgriMer, les expéditions vers l’Union européenne progressent à 6,58 Mt, contre 6,297 Mt sur 2011-2012. Ces exportations intracommunautaires sont notamment liées à une production espagnole de maïs en berne suite à une sécheresse.

… mais l’hémisphère sud pourrait profiter d’un fret bon marché

Pointant un taux de fret maritime actuellement faible, Michel Ferret a prévenu que des céréales d’origines lointaines, comme l’Argentine pour les orges ou l’Australie pour le blé, pourraient venir concurrencer les origines françaises sur certains de ces débouchés traditionnels ou occasionnels. Ainsi, l’Argentine ou le Brésil devraient constituer un fort potentiel à l’exportation en maïs cette année, selon Michel Ferret. L’Argentine développe aussi sa production d’orges. Avec 1,5 Mha emblavés, le pays pourrait venir concurrencer les orges françaises sur ses débouchés traditionnels, notamment saoudiens. La France a cependant déjà chargé, à la fin du mois d’août, 400 000t d’orges à destinations de l’Arabie saoudite. Par ailleurs, la Chine, qui est devenue le premier producteur de bière mondial, a levée ses restrictions à l’importations d’orges brassicoles argentins, a indiqué Michel Ferret, réduisant un peu plus les débouchés français sur ce marché. L’Argentine aurait ainsi déjà expédié 130 000 t d’orges brassicoles vers la Chine en juillet 2012. Du côté de l’Australie, le spécialiste a souligné qu’avec une récolte de blé attendue entre 21 et 22 Mt et des stocks, le pays pourrait intéresser l’Egypte et prendre quelques débouchés aux origines françaises. Si la France peut profiter d’une concurrence affaiblie de l’hémisphère nord sur le marché mondial des céréales, un fret maritime bon marché pourrait faire émerger une concurrence accrue de l’hémisphère sud.

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