On veut avoir des leaders mais pour un leader, la vie n’est pas facile… Cette fois c’est le n°1 français de la viande, le groupe Bigard, qui s’est vu quasiment bloqué dans une dizaine de sites par des fournisseurs mécontents d’être si mal payés de leur dur travail d’éleveurs.
Au bout de quelques jours de ce conflit on ne peut plus révélateur de toute la problématique de l’agroalimentaire en France, Bruno Le Maire s’est interposé, forçant les partenaires de l’interprofession à se parler et à trouver une issue pour un meilleur partage de la valeur ajoutée.
Il y a dix ou vingt ans, toute crise agricole, dans le vin, les fruits, le lait ou le porc, provoquait des assauts de préfectures ; aujourd’hui, après les éleveurs laitiers qui ont plus volontiers ciblé les grandes surfaces, les producteurs de viande s’en prennent aux industriels, pensant leur arracher l’argent qu’il n’y a plus dans les caisses de l’Etat. Ce dernier ne peut plus que jouer les MM. bons offices, le ministre ramenant Jean-Paul Bigard à une table de négociation qu’il boudait royalement et promettant d’arracher à Bruxelles des mesures de régulation et des moyens de barrer la route à des produits importés qui ne seraient pas à nos normes. Le label France que Bruno Le Maire prônait en inaugurant le Sial va décidément devoir fleurir sur tous nos produits ! L’Observatoire des prix et des marges, lui, aura fort à faire, et en urgence, si l’on en croit les conclusions de la table ronde du ministère, ce qui laisse croire à chacun que l’on saura enfin « où se cache l’argent ».
Ce faisant, on est quand même bien loin (et c’est surprenant quelques jours après la remise du rapport Rouault) de poser la question pourtant cruciale de la compétitivité !

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