Alors que les réunions préparatoires du Grenelle de l’environnement ont repris début septembre, le ministre de l’Ecologie s’est déclaré confiant quant à la possibilité de parvenir à un « accord global » sur deux dossiers : les OGM et la réduction de l’usage des produits phytosanitaires. Les organisateurs du groupe de travail « agricole » n’excluent pour leur part aucune piste, n’hésitant pas à porter au débat l’interdiction des produits phytosanitaires les plus dangereux, la création d’une redevance sur les engrais minéraux ou la mise en place de quotas d’azote organique pour les zones excédentaires en nitrates. Les groupes de travail doivent remettre leurs recommandations à Jean-Louis Borloo d’ici la fin du mois de septembre.
Trois réunions sur quatre. Les six groupes de travail chargés depuis juillet de préparer des propositions pour le Grenelle de l’environnement ont déjà parcouru un bon bout de chemin avec la tenue de leur 3 e réunion, en cette première semaine de septembre. Il ne reste plus que quelques semaines avant la transmission – à la fin du mois – des recommandations de chaque groupe au ministère de l’Ecologie. Le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo se dit confiant quant aux futurs résultats. Interrogé lors d’un déplacement les 3 et 4 septembre au Brésil, le ministre a expliqué que son souci était de « faire faire un bond en avant à l’ensemble (des questions traitées), parfois nous serons à 50 %, parfois à 60 ou à 40 % de nos objectifs ». « Nous aurons un accord global sur les OGM et sur une diminution des pesticides », a-t-il ajouté, précisant à propos des pesticides qu’il « faudra sans doute continuer (de discuter) après (le Grenelle) mais, au moins, le processus sera lancé ». Dans le secteur des transports, le ministre « exige » un plan global sur le fret, tous modes confondus. « On refait Colbert dans une perspective optimale pour les cent ans qui viennent » lance-t-il.
Une loi de programmation ?
Pour mettre en œuvre les décisions du Grenelle, Jean-Louis Borloo verrait bien « une loi de programmation sur cinq ans par exemple, pour que l’Etat soit crédible. Mais ce ne sont que des outils. Qu’ils soient fiscaux ou législatifs, ils viendront après. D’abord, on définit les objectifs et la façon d’y répondre ». Si le gouvernement a déjà un certain nombre d’options en tête, les groupes préparatoires continuent pour leur part leurs travaux. A la satisfaction du ministre, les groupes de travail sur le climat et sur la biodiversité « sont pratiquement prêts » et « avancent très vite », a-t-il confié. « Sur la santé et l’environnement, sujet très difficile, il faudra sans doute continuer après » le Grenelle.
Pour l’agriculture, deux sous-groupes
Où en est exactement le groupe « agricole », celui consacré aux modes de production et de consommation durables ? La troisième réunion organisée le 3 septembre, s’est concentrée sur quelques thèmes : la biodiversité, les intrants, les sols, l’agronomie et les semences. Dix-sept fiches thématiques préparées par les organisateurs servaient de fil directeur à la journée (voir encadré). Contrairement aux deux premières réunions de juillet, les participants étaient divisés en deux sous-groupe, l’un consacré à la consommation, l’autre à la production, avant que l’ensemble des acteurs ne se retrouve en séance pleinière en fin d’après-midi. Les débats se sont déroulés dans une ambiance « correcte », « sans beaucoup d’accrochages » témoigne un participant, malgré des approches parfois très antagonistes. « Lors des échanges sur la biodiversité, certains se sont cantonnés à demander la plantation de quelques haies, alors que d’autres disent — comme nous — qu’il faut aider les paysans à abandonner la monoculture », explique André Bouchut, secrétaire général de la Confédération paysanne. La recherche sur les semences – nouvelles ou anciennes – a également été longuement débattue, tout comme l’irrigation. Sans tabou. Faut-il réduire les surfaces irriguées, tous les types de stockage de l’eau sont-ils acceptables, tous les types d’irrigation sont-ils souhaitables ? Telles ont été les questions débattues. Les réponses ont été souvent divergentes. La question des produits phytosanitaires a été largement abordé, sans que les antagonismes soient levés entre ceux qui pensent que « tout phyto est un poison » et ceux qui défendent l’intérêt de leur utilisation dans le cadre de « bonnes pratiques ».
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Rapidement évoqués dans la discussion, les « agro-carburants », « n’ont pas trouvé grand monde pour les défendre, hormis la FNSEA et l’APCA », rapporte François Lucas le président de la Coordination rurale. « Seules les huiles végétales brutes ont draîné de la sympathie » raconte-t-il. Pour Didier Marteau, représentant de l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture), une idée forte est ressorti des débats : « la recherche doit être au centre du développement durable ». « Mon sentiment, c’est qu’il y a du progrès, sur les thèmes de la recherche, de la biodiversité et de l’utilisation des sols », ajoute le bras droit de Luc Guyau.
Reste à savoir ce que les présidents et rapporteurs du groupe retiendront de tous ces échanges. Ce sont eux qui, in fine, rédigeront les recommandations destinées aux pouvoirs publics.
Les participants du groupe n°4 doivent désormais recevoir d’ici quelques jours une synthèse des débats de la journée du 3 septembre, assortie d’un certain nombre de propositions, avant un ultime débat le 24 septembre lors de la dernière réunion de ce groupe de travail.