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Volailles/Investissement Boscher Volailles s’offre une nouvelle usine

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Boscher Volailles a inauguré, la semaine dernière, une nouvelle usine d’abattage, de découpe et de désossage de viande de poulet à Mûr-de-Bretagne, non loin de son ancien site. L’investissement s’est élevé à 30 millions d’euros, dont 16,7% ont été financés grâce à des subventions. Avec un chiffre d’affaires de 90 millions d’euros, la filiale du groupe Glon prend un pari sur l’avenir, considérant que la filière bretonne a un rôle à jouer face à la concurrence brésilienne.

« Le Brésil ne fera pas tout ! ». Telle est l’expression chère à Alain Glon, président du groupe Glon, actionnaire de Boscher Volailles. La filière bretonne a donc son rôle à jouer. Boscher Volailles a décidé de se préparer pour l’avenir en investissant dans la construction d’une nouvelle usine d’abattage, de découpe et de désossage de viande de poulet. « Cet investissement n’est pas sorti du chapeau. Nous travaillons sur ce projet depuis quatre à cinq ans dans l’idée d’une stratégie à moyen et long terme. Notre ancien outil était à saturation et nous n’avions plus de flexibilité », explique Paul Lopez, directeur général de Boscher Volailles. « Avec cette usine, nous affirmons notre présence dans la filière pour les quinze prochaines années », précise-t-il.

Implanté à Mûr-de-Bretagne, dans les Côtes d’Armor, le nouvel outil a nécessité un investissement de 30 millions d’euros, à parts égales entre le bâtiment et l’équipement, dont 16,7% ont été financés par des subventions de l’Etat, de la région Bretagne, du département des Côtes d’Armor, de la Communauté de communes Guerlédan Mûr-de-Bretagne, et du Feder (Fonds européen de développement régional). Cet investissement est le plus important en 2007 en agroalimentaire en Bretagne et égale tous ceux que Boscher Volailles a effectués en 16 ans sur son ancien site. Mise en service le 23 juin 2008, cette usine s’étend sur une surface de 15 000 mètres carrés et produit 85 000 poulets par jour, soit 250 000 pièces contrôlées individuellement.

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100 000 tonnes à terme

Ce sont des filets, de la viande de cuisses, des aiguillettes, des cuisses, des ailes et des pilons qui ressortent de cette usine à destination des industriels de l’agroalimentaire en France comme à l’étranger. Malgré un contexte difficile qui a obligé la filiale du groupe coopératif Glon à diminuer sa production de 5 000 tonnes depuis neuf mois, Boscher Volailles confirme son objectif d’atteindre 100 000 tonnes à terme, « dès que le marché le permettra ». « Si la production de poulets a augmenté de +10,5% entre 2006 et 2007, elle n’a cessé de diminuer les années précédentes. Au cours des huit premiers mois de 2008, toutes les volailles perdent du volume par rapport à la même période de 2007 », indique l’entreprise précisant que la production a baissé de 20% en dix ans, alors que la consommation intérieure a augmenté dans le même temps de 8,5%, ouvrant une brèche aux importations qui ont progressé de 189 000 tonnes. C’est dans ce contexte que Boscher Volailles tient un second pari osé après avoir pris le virage du désossage de poulet en 1994, marché qui n’existait pas à l’époque. L’entreprise passait alors de l’abattage de poulets, pintades, coquelets entiers au désossage du seul poulet pour les industriels de la restauration, de la charcuterie et des plats cuisinés.

En 2007, Boscher Volailles a réalisé un chiffre d’affaires de 90 millions d’euros, dont 25% à l’export, et prévoit une légère progression pour 2008.