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4èmes Rencontres du bioéthanol Bouquet énergétique : des pistes pour stimuler la consommation d'éthanol

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Les 4es Rencontres du bioéthanol, organisées le 19 novembre par les professionnels de la filière, ont fait ressortir des pistes pour stimuler la consommation d'éthanol, qui tend à s'éroder, entrainée par la baisse de la consommation d'essence. Ces pistes sont notamment fiscales, et à ce titre, la collective de l'éthanol demande un « signal fort » au gouvernement pour participer davantage au bouquet énergétique des transports.

Les professionnels et des parlementaires réfléchissent à des solutions pour stimuler la consommation d'éthanol, qui, sans intervention, ne ferait que s'effriter, au rythme de la consommation d'essence. Si elle stagne, voire si elle recule, les usines construites il y a moins de dix ans ne pourront pas être rentabilisées. « Notre filière, récente, a investi plus d'un milliard d'euros dans des usines modernes et efficientes pour répondre aux engagements politiques qui ont été assignés à la France. Notre filière a créé de nombreux emplois, ne la fragilisons pas », a déclaré Bruno Hot, président du Syndicat national des producteurs d'alcool agricole (SNPAA).

Le débouché de l'éthanol stagne. Le taux d'incorporation constaté de l'éthanol dans les moteurs en France est de 5,7%, alors que l'objectif légal français d'incorporation de biocarburants est de 7%. Dans le marché de l'essence en recul, le débouché de l'éthanol est promis à un déclin à terme. Le débouché de l'essence s'est rétréci de 40% entre entre 2004 et 2014, a rappelé le SNPAA.

Alléger d'un centime la taxe sur l'E10

Le député de la Marne Charles de Courson a exposé une de ses propositions. La TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) sur l'E10 (l'éthanol à 10% dans l'essence) serait réduite d'un centime par litre en 2015. Parallèlement, la taxe sur le sans-plomb 95 serait alourdie d'un centime en 2015 et d'un centime en 2016, ces deux centimes d'alourdissement de la fiscalité de l'essence visant à répondre aux objectifs gouvernementaux de recherche de recettes. Sachant que les automobilistes font la queue aux pompes qui présentent un avantage concurrentiel de quelques centimes par litre, la légère différence en faveur de la compétitivité de l'E10 permettrait d'accélérer la généralisation de cette essence additivée d'éthanol à 10%. Une autre mesure fiscale permettrait, quant à elle, de stabiliser la consommation d'essence, issue en grande partie des raffineries françaises, au détriment du gazole, carburant en majorité importé. Il s'agirait de rapprocher peu à peu la fiscalité de l'essence et celle du gazole, à raison de deux centimes par an, pendant sept ans, pour combler les 14 centimes de différence. La décision n'est pas encore prise. Elle est évoquée depuis de nombreuses années par les économistes, mais d'après Charles de Courson, désormais les pétroliers et les constructeurs souhaitent ce rapprochement de la fiscalité, les pétroliers voulant éviter que toutes les raffineries françaises ferment, les constructeurs estimant pouvoir redonner un nouveau souffle au moteur à essence, qui a un potentiel important d'amélioration technologique. Reste à convaincre les routiers et à prévoir pour eux des compensations, a fait remarquer le député.

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Sondage : 70 % des Français pensent que le bioéthanol devrait être moins taxé que l'essence

70 % des Français pensent que le bioéthanol devrait être moins taxé que l'essence, indique un sondage réalisé par Ipsos, présenté aux 4es Rencontres du bioéthanol. Cette perception va dans le sens de la proposition que met en avant le député de la Marne Charles de Courson pour accroître les débouchés de l'éthanol. Le sondage a révélé par ailleurs que 90 % des automobilistes se disent prêts à utiliser un carburant moins polluant pour leur véhicule.

Accélérer le développement du parc flex-fuel

Une autre mesure que vise la collective de l'éthanol est le redémarrage des chaînes de fabrication de véhicules flex-fuel. Celles-ci sont interrompues depuis janvier 2014 parce que les tests de mesure du CO2 à la sortie des pots d'échappement des véhicules flex-fuel roulant à l'E85 (essence avec 85% d'éthanol) montrent que les émissions de ce gaz à effet de serre sont les mêmes qu'avec un moteur à essence pure. Parallèlement, le SNPAA, avec les autres organisations de la filière, comme la CGB, est en pourparler avec la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC), en vue d'un label de boîtier adaptable aux moteurs à essence pour qu'ils deviennent flex-fuel. L'objectif est que les automobilistes soient bien conseillés et « n'achètent pas n'importe quoi ».

Ces rencontres se sont déroulées dans un lieu symbolique, le musée des Invalides. « Inspirons-nous de la magie de ces lieux. Dans le contexte économique compliqué que nous connaissons en ce moment, nous revendiquons haut et fort la volonté de notre filière du bioéthanol de participer au redressement de notre économie », a déclaré Bruno Hot.