« Mini-paquet » de Bali ou pas, la Conférence ministérielle de l’OMC sur l'île indonésienne a confirmé les faiblesses – le mot est... faible – d’un système multilatéral qui ne parvient plus à être un facteur d’équilibre de l’économie mondiale. Tout au plus joue-t-il le rôle, ingrat, de gendarme. Bien entendu, de petites avancées dans le cycle sans fin des négociations dites de Doha, quand il y en a, ne sont pas à négliger, tout comme l’est la rémission pour un malade. Mais plus question de parler de guérison, encore moins de victoire. Les pourparlers lancés il y a tout juste douze ans dans la capitale du Qatar avaient failli aboutir en 2008, mais des différends entre pays développés et en développement, tant sur les produits industriels qu’agricoles, avaient bloqué la machine dans les dernières heures. Ces divergences s’étaient d’ailleurs accentuées avec l’arrivée sur la scène mondiale des pays émergents, soucieux de débrider leur colossal potentiel, dans le domaine agricole notamment. Et on en est toujours là, comme l’a confirmé l’acharnement de l’Inde à obtenir une dérogation durable aux limites de soutien interne fixées par l’OMC pour assurer ce qu’elle appelle sa « sécurité alimentaire ». Une revendication qui inquiétait les pays développés, États-Unis en tête, soucieux de ne pas donner un blanc-seing à un énorme concurrent potentiel. L’OMC est censée gérer les échanges du monde. Mais son problème, c’est que celui reste divisé en trois : les riches, les moins riches et les pauvres.
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