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Formation Bouvard, Bressor, Marie et Roland Monterrat s’associent pour former des conducteurs de ligne

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Devant la difficulté à recruter des personnels qualifiés, quatre entreprises de l’agroalimentaire de l'Ain, implantées dans un rayon de trente minutes, se sont regroupées pour bâtir une formation de conducteur d’équipements industriels en agroalimentaire et ainsi recruter seize collaborateurs. Le technopole Alimentec, basé à Bourg-en-Bresse, le syndicat mixte Novalim, le pôle de formation des industries technologiques, l’organisme financeur Opcalim et Pôle emploi se sont mobilisés pour accompagner le développement de cette initiative via le dispositif POEC (Préparation opérationnelle à l’emploi collective).

Cent huit demandeurs d’emploi, âgés de 25 à 40 ans, issus d’autres secteurs que celui de l’agroalimentaire, ont été reçus par Pôle emploi pour entrer dans une démarche innovante. Initiée par quatre entreprises agroalimentaires de l’Ain, celle-ci vise à former et recruter de nouveaux collaborateurs. Trente-sept personnes ont été sélectionnées et seize devraient décrocher un emploi chez Marie (Groupe LDC), Bressor (groupe Savencia), Biscuits Bouvard ou Roland Monterrat (groupe Panzani), à l’issue de leur formation technique de 57 jours et de trois semaines de stage au sein de l’entreprise qui les a recrutées.

« Nous partageons le même constat, note Elodie Dupont, responsable du développement RH chez Bressor. Certains métiers de l’agroalimentaire sont en tension. Les entreprises proposent plus d’offres qu’il n’y a de compétences sur le marché de l’emploi. C’est le cas pour le métier de conducteur de lignes de production, de plus en plus technique du fait de la modernisation de nos outils industriels et du développement de nos marchés. » Sur un territoire où règne le quasi plein-emploi, « il faut trouver d’autres sources de recrutement », avance Carole Darcy, responsable des ressources humaines chez Roland Monterrat.

Alimentec, le technopole au service des entreprises agroalimentaires de l’Ain, a mis autour de la table les entreprises qui lui faisaient régulièrement remonter ce même type d’information. « Nous avons été sollicités par quatre entreprises en même temps, se souvient Julie Lacroix-Ravanat, responsable communication et emploi-formation du technopole Alimentec. Toutes avaient le même problème : réussir à recruter des conducteurs de ligne qualifiés. Nous les avons fait se rencontrer pour bâtir un projet de formation sur un socle commun de compétences spécifiques à ce métier en tension. »

La formation a été co-construite par les quatre entreprises. Elle a démarré le 19 juin et se terminera courant septembre avant d’intégrer trois semaines d’immersion en entreprise. « C’est un gain de temps considérable pour les entreprises, avance Carole Darcy. Pôle emploi a sélectionné les candidats pour les entreprises, qui ont ensuite choisi leurs recrues. Les candidats ont tous présenté une réelle motivation pour notre secteur d’activité. De notre côté, nous les avons accueillis dans nos ateliers pour leur montrer qu’ils occuperont des emplois gratifiants : ils seront les garants de la qualité de nos produits. »

La formation propose des compétences de base sur les process industriels, l’hygiène, la sécurité alimentaire. La plateforme technologique d’Alimentec sert de supports pour les travaux pratiques.

Bilan positif

Quatre candidats intégreront Marie (contre trois initialement prévus), une personne se dirigera vers Roland Monterrat (contre trois initialement prévus), six chez Bressor (trois sur chaque site) et quatre chez Biscuits Bouvard.

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À mi-parcours, le bilan semble positif pour les entreprises. « Nous pensions que la démarche allait nous prendre du temps et qu’elle serait lourde administrativement pour seulement quelques embauches, se souvient Emilie Saurel, responsable RH de Marie, à Viriat (Ain). Avec le recul, la démarche a suscité un réel engouement et nous avons même reçu des candidatures spontanées. La rencontre avec les autres entreprises a permis de casser certaines barrières. Si d’autres opérations de ce type sont proposées, Marie participera. » Les entreprises évoquent un autre métier en tension qui pourrait faire l’objet d’une prochaine POEC : les opérateurs de maintenance.

Quatre entreprises employant 1 100 salariés

- Marie (Viriat) appartient au groupe LDC (75 sites en France – 3,6 milliards d’euros sur l’exercice 2016-2017) et fabrique des pâtes à dérouler, des quiches, des tartes et des gratins. Le site compte 230 salariés. Douze postes en CDI sont ouverts pour 2017, dont huit conducteurs de lignes.
- Roland Monterrat (Feillens) est dans le giron du groupe Panzani. L’usine de 390 salariés fabrique des sandwichs, des pâtés en croûte, des croque-monsieur et des entrées chaudes. Sept postes sont à pourvoir immédiatement pour des conducteurs de ligne de production. La société publiait un chiffre d’affaires de 65,7 millions d’euros en 2015.
- Bressor (groupe Savencia – 4,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires), qui fabrique des spécialités fromagères sur deux sites dans l’Ain, à Servas et à Grièges, totalise 390 collaborateurs et crée quinze à vingt emplois nets chaque année.
- Biscuits Bouvard compte huit usines en France et 980 collaborateurs dont 90 sur le seul site de Ceyzériat. L'entreprise fabrique des biscuits sucrés, des pâtisseries individuelles et des prêt-à-garnir. Le groupe annonce un chiffre d’affaires de 175 millions d’euros par an.

Le dispositif POEC – Préparation opérationnelle à l’emploi collective

Ce dispositif permet de former des demandeurs d’emplois, sur des métiers en tension repérés par une branche professionnelle. La POEC se compose d’une partie formation, selon un cahier des charges déterminé en fonction des besoins des entreprises, et d’une partie immersion en entreprise, afin d’évaluer les aptitudes du candidat avant l’embauche. Le tout représente une durée totale de 400 heures maximum.

Cette démarche concerne uniquement des demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi. L’organisme financeur (Opcalim dans le cadre du POEC des quatre entreprises de l’Ain) travaille en collaboration avec les entreprises, Pôle emploi et le formateur pour mener à bien la démarche.

La POEC n’engage pas l’entreprise à embaucher. L’objectif est toutefois de proposer au candidat, à l’issue de sa période de formation, un CDD d’une durée supérieure ou égale à douze mois, un CDI, un contrat de professionnalisation ou un contrat d’apprentissage. La réinsertion professionnelle est le but premier de la POEC.
L’organisme paritaire finance la formation. Pôle emploi prend en charge la rémunération du bénéficiaire et ses frais annexes, comme les frais de déplacement.