Dans un communiqué du 19 janvier, la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) demande à l’interprofession de convoquer une réunion de crise sur les jeunes bovins (JB), dénonçant la faiblesse des prix payés aux éleveurs, alors que « les signaux sont désormais au vert sur ce marché ». En parallèle, le syndicat appelle ses sections départementales à « se rapprocher de leurs opérateurs pour leur donner tout l’éclairage nécessaire face à des niveaux de prix incompréhensibles ». Pour la première semaine de 2021, la cotation du JB U- s’établit à 3,78 €/kg carcasse, pour un coût de production moyen de 4,76 €/kg. Pourtant, « il n’existe plus aucun " sur-stock d’animaux " en ferme… donc plus aucune excuse pour justifier [ces] prix », estime la FNB. « Les acheteurs appellent les engraisseurs pour leur demander d’anticiper la sortie de leurs JB », affirme son président Bruno Dufayet à Agra Presse, car « la demande est très forte, notamment en Allemagne ».
L’association spécialisée de la FNSEA demande donc une réunion au sein d’Interbev (interprofession bétail et viandes) pour « trouver une réponse concrète et rapide à ce nouveau dysfonctionnement de marché ». « On ira jusqu’à assumer un discours d’arrêter l’engraissement en France si on n’est pas capable de le rémunérer », prévient M. Dufayet, qui qualifie l’attitude de l’aval de la filière de « suicidaire ». « Depuis que nous nous sommes mis dans une posture de lecture du marché – au lieu de nous en tenir à ce que les acheteurs nous disent dans les cours de ferme –, on se rend compte que les lois du marché fonctionnent partout sauf en viande bovine », note-t-il.
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« On ira jusqu’à assumer l’arrêt de l’engraissement »