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Bovins viande : un ministre très attendu à l’AG de la FNB

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Loi d’orientation, directive IED, accords commerciaux… Autant de dossiers qui, pour la FNB, posent la question du modèle d’élevage. En congrès à Metz le 2 février, les éleveurs comptent interpeller le ministre de l’Agriculture sur ce sujet résolument politique.

Annoncé pour la clôture du congrès de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) le 2 février à Metz, le ministre de l’Agriculture sera invité à « préciser le modèle d’élevage » qu’il veut promouvoir, a indiqué le président de la FNB Bruno Dufayet le 25 janvier. « Veut-on des exploitations durables à taille humaine ou veut-on s’adapter à la compétition sur un marché de plus en libre ? », a-t-il résumé en conférence de presse. Un second modèle assimilé aux « feedlots américains » auxquels la FNB a réitéré son opposition. « Notre attente, c’est que le ministre réponde à la question "Quel modèle d’élevage veut-on demain en France et en Europe ?" » Et M. Dufayet d’insister, dans un contexte de concertation sur la loi d’orientation agricole : « Sans orientation politique, le pacte d’avenir ne produira rien pour notre secteur. Ce n’est pas avec des mesurettes ou une augmentation de la DJA (dotation jeune agriculteur, NDLR) qu’on règlera l’enjeu du renouvellement des générations d’éleveurs allaitants. »

Quelle Europe allaitante en 2050 ?

Par ailleurs, l’éleveur du Cantal compte aussi interpeller Marc Fesneau pour « connaître clairement sa position et ses lignes rouges » sur la révision de la directive IED (émissions industrielles). Alors que le projet de la Commission européenne vise une application à tous les élevages à partir de 150 UGB (unité gros bovin), la FNB souhaite inclure des critères de surface, de nombre d’actifs ou encore de chargement en animaux. En l’état actuel des discussions, « une exploitation du Larzac avec deux associés, 200 hectares, 80 vaches et leur suite serait considérée comme un élevage industriel », déplore M. Dufayet. Un dossier qui pose à nouveau la question des modèles d’élevage, selon la FNB. Idem pour les accords de libre-échange, alors que l’Europe négocie avec l’Australie, et que l’élection de Lula au Brésil remet l’accord UE/Mercosur sur la table.

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Le ministre est aussi attendu sur l’assurance récolte, les travaux se poursuivant sur le projet de décret encadrant les recours en cas de désaccord avec les estimations de pertes de récolte par satellite. Plus largement, avec une décapitalisation qui commence à peser sur la production de viande, « 2022 est une année de rupture pour l’élevage allaitant », estime Bruno Dufayet. Lors de son congrès, la FNB tentera toutefois de dessiner des perspectives à horizon 2050, avec une table ronde rassemblant des éleveurs d’autres pays européens (Allemagne, Italie, Pologne, Irlande et Belgique).

« 2022 est une année de rupture pour l’élevage allaitant »