À l’occasion d’une opération inédite en Europe d’émissions d’obligations vertes pour l’agriculture, le groupe BPCE (Banque populaire/Caisse d’épargne) a établi une définition de « l’agriculture durable ». Elle représente 14 % de son portefeuille agricole.
Troisième acteur bancaire sur le marché agricole français, le groupe BPCE vient d’annoncer, dans un communiqué, le 6 janvier, qu’il est le premier établissement européen à voir émis des « obligations vertes » dédiées à l’agriculture. Un emprunt obligataire (non bancaire) de 750 millions d’euros a été émis, souscrit par 78 % d’investisseurs spécialisés dans la finance verte, précise-t-on chez BPCE. Ces fonds visent à refinancer des crédits déjà alloués à des exploitations françaises pratiquant une « agriculture durable ». « Il est question d’engagement et d’image pour BPCE, mais c’est aussi une opération financière bien positionnée, car beaucoup d’investisseurs veulent se placer sur ces sujets, explique Loïc Guitton, responsable du marché agricole à la Banque populaire occitane. Et cela explique que nous n’ayons pas pris de risque sur le choix des exploitations. » En effet, BPCE a promis à ses créanciers de faire un bilan des investissements réalisés avec ces nouvelles liquidités.
Pour choisir les exploitations pratiquant une « agriculture durable », le groupe BPCE a édité une « note méthodologique », notamment avec le concours des Banques populaires du Sud et d’Occitanie. Cette définition recouvre un peu moins de 14 % des encours agricoles français de BPCE, indique-t-on.
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Bio, HVE, MAEC, Agri Confiance…
La définition de l'« agriculture durable » de BPCE recouvre deux grandes catégories : les exploitations en bio qui représentaient 40 % des volumes d’investissements (installation, agrandissement, diversification…), et celles dites « en transition vers une agriculture durable » (60 %). Cette seconde catégorie inclut plusieurs critères : il peut d’abord s’agir d’exploitations labellisées Agri Confiance ou certifiées HVE (niveau 3 de la certification environnementale), mais elles sont rares, assurent Loïc Guitton. Et de préciser, par exemple, que de nombreuses exploitations viticoles HVE ont été exclues lorsqu’elles exerçaient une activité de distillation. Au même titre que les producteurs de tabac, de canne à sucre et d'alcool.
Dans la seconde catégorie, BPCE inclut aussi les fermes bénéficiant de certaines aides de la Pac (prime à la conversion en bio, certaines mesures agroenvironnementales…), ainsi que des entreprises agricoles exerçant des activités forestières (agroforesterie, gestion de forêt). Par exemple, des investissements dans un atelier de vente directe rentrent dans la définition, dans la mesure où l’exploitation bénéficiait d’un certain type de MAEC. Et enfin l'« agriculture durable » inclut des investissements dans les énergies vertes, à condition que les projets restent contrôlés par le secteur agricole.