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RÉSULTATS/ÉTABLISSEMENT FINANCIER Bpifrance prêt à accompagner la reprise des investissements

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Pour son premier anniversaire, la banque publique d'investissement Bpifrance, détenue à part égale par l'Etat et la Caisse des Dépôts s'est félicitée de la forte progression des concours apportés aux entreprises, de l'amorçage jusqu'à la cotation en bourse et souhaite poursuivre son action pour les accompagner tout au long de leur développement en leur débloquant les ressources dont elles ont besoin le plus rapidement possible grâce à son ancrage dans les régions.

Dressant le bilan de la première année d'activité de Bpifrance, le 14 février, Nicolas Dufourcq, son directeur général a affirmé les ambitions de la banque pour intensifier ses interventions pour le financement des entreprises. « 2014 doit être le printemps de l'investissement français » a-t-il estimé voyant un signal très positif dans la progression des investissements constatés au dernier trimestre 2013, par rapport au trimestre précédent après 8 trimestres consécutifs de baisse. Pour 2013, la banque publique née du regroupement d'OSEO, CDC Entreprises, FSI et FSI Régions a distribué 10 Md€ de financement, dont 3,7 Md€ en prêts classiques (+6 %), 1,3 Md€ en prêts de développement (+6 %), 4 Md€ en prêts court terme (+37 %) dont 795 M€ au titre du préfinancement du CICE et 763 M€ en prêts et aides à l'innovation. A cela s'ajoutent 8 Md€ de prêts bancaires garantis et 1 Md€ d'investissement en capital, directement ou via des fonds partenaires.

DES AMBITIONS CLAIREMENT AFFICHÉES

Pour chacune des trois années à venir, Bpifrance veut accroître ses financements pour passer de 11 Md€ en 2014 à 12 Md€ en 2015 et 14 Md€ en 2017. Pour 2017, Nicolas Dufourcq vise un doublement de tous ses prêts : à l'export pour atteindre 500 M€, au développement à 3 Md€, à l'aide à l'innovation à 1,5 Md€ et au préfinancement du CICE à 1,6 Md€, « si ce dispositif existe encore », nuance-t-il. Il souhaite augmenter ses garanties de crédits privés de 3 à 5 % soit au rythme de croissance des crédits distribués par les banques. Il souhaite innover sur les crédits à long terme, prévoyant même des prêts sur 30 ans. Il espère également faire progresser de 30 % par an les opérations en capital. « La force de la banque est de ne pas avoir de guichet mais de faire du porte à porte pour parler directement aux entrepreneurs ». En collaboration avec Ubifrance et la Coface et les régions, Bpifrance vise 75 000 visites par an. Cette proximité des entreprises fait que 90 % des décisions de financement sont prises dans les régions, grâce à 42 implantations et un interlocuteur unique pour tout type de besoin : court, moyen ou long terme, garantie bancaire, entrée au capital, prêt export... « L'objectif est de foncer sur la trésorerie et les prêts de développement », affirme Nicolas Dufourcq. En termes de prises de participation au capital de sociétés, il « vise des interventions de 1 à 1,2 Md€ par an, 2 Md€ si c'est possible ». Bpifrance ne s'interdit pas d'ailleurs de participer au capital de fonds européen d'investissement.

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PAS D'INTERVENTION SPÉCIFIQUE POUR L'AGROALIMENTAIRE

Concernant le financement des industries agroalimentaires, Nicolas Dufourcq exclut toute dotation affectée, il juge que les délégués régionaux doivent rester le guichet unique pour tous types d'activité. Il exclut cependant les coopératives agricoles, « car nous ne savons pas comment cela marche ». Pour ce qui est d'apport en fonds propres ou prises de participation, il rappelle que Bpifrance participe à hauteur de 20,4 % au capital du fonds Agro Invest. Il estime que la France aurait besoin d'un autre grand fonds dédié à l'agroalimentaire et Bpifrance serait prêt à y participer à hauteur de 70 M€ « mais il ne se monte pas et nous ne pouvons pas faire plus ».