Bruxelles a annoncé son intention de prendre des mesures pour approvisionner le marché du sucre de l'UE au cours de la campagne 2013/14. Les organisations agricoles s'y opposent formellement.
LA Commission de Bruxelles a proposé, lors du comité de gestion du 30 janvier, de lancer des adjudications à l'importation et de mettre sur le marché intérieur du sucre hors quota pour la campagne 2013-2014. À ce stade, elle n'a précisé ni les échéances des ces opérations ni les quantités envisagées.
De leur côté, les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca) et les betteraviers européens s'insurgent contre le déclenchement, cette année, de ce mécanisme temporaire de gestion du marché (1).
Problème de fluidité du marchéLes services de la Commission reconnaissent que le prix moyen des ventes de sucre dans l'UE diminue depuis le mois d'avril, mais insistent sur le fait qu'il se situe encore bien au-dessus des 600 $/tonne, alors que prix mondial est de l'ordre de 300 $/t seulement. Ils en concluent l'existence d'un problème persistant de fluidité du marché communautaire.
Bruxelles devrait lancer lors du comité de gestion du 13 février la discussion sur les mesures de gestion de la campagne 2013-2014. Pour 2012-2013, 600 000 tonnes de sucre hors quota avaient été commercialisées et 600 000 tonnes avaient fait l'objet d'une adjudication à l'importation en plusieurs tranches.
Les dispositions envisagées pour cette année seraient du même ordre, avec une première adjudication en mars ou avril.
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Les organisations et coopératives agricoles de l'UE ont insisté auprès du commissaire européen Dacian Ciolos sur les conséquences de la mise en place du mécanisme temporaire de gestion du marché du sucre au printemps prochain : « augmentation du stock de sucre sous quota en fin de campagne 2013-2014 alors que celui-ci est au niveau le plus haut depuis 2007-2008 et suffisant pour approvisionner le marché de façon adéquate » ; « baisse de la compétitivité de la filière européenne betterave-sucre qui devrait supporter le coût du stockage additionnel résultant du mécanisme temporaire » ; « érosion des préférences commerciales récemment allouées aux pays tiers dans le cadre des contingents tarifaires préférentiels d'importations, par exemple au Pérou, à la Colombie et à l'Amérique centrale, au profit des exportateurs brésiliens dont les parts de marché dans l'UE sont en constante augmentation ».
En conséquence, le Copa-Cogeca « rejette la mise en place du mécanisme temporaire de gestion du marché pour la campagne 2013-2014 », ajoutant que « la constitution de stocks de sucre à un niveau excessif d'ici à 2016-2017 pénaliserait la filière européenne betterave-sucre par rapport à celle de l'isoglucose au moment de la libéralisation des quotas ».
(1) Voir n° 3429-3430 du 13/01/14
«LES arguments présentés par vos services au comité de gestion le 30 janvier sont incompréhensibles pour les betteraviers », affirme la Cibe (Confédération internationale des betteraviers européens) dans une lettre adressée le 5 février au directeur général de la DG AGRI de la Commission de Bruxelles, Jerzy Plewa. Cette DG, estime-t-elle, « sort de son rôle qui est de gérer le marché raisonnablement, en essayant d'interférer directement dans son fonctionnement au seul profit des marges des entreprises utilisatrices de sucre ». « Ce n'est pas là une gestion responsable du marché », insiste la Cibe, qui appelle les services de la Commission à « renoncer » cette année aux mesures supplémentaires d'approvisionnement de l'UE.