Avant le 10 janvier, tout planteur doit exprimer « de manière non équivoque » auprès de Saint Louis Sucre sa volonté de lui livrer des betteraves de la récolte 2020. Tel est le message envoyé par l’industriel, en lettre recommandée, aux producteurs de la sucrerie d’Etrépagny (Eure). Deux autres dates butoirs, au 30 octobre, puis au 30 novembre, leur avaient précédemment été indiquées pour qu’ils signent les propositions de contrats individuels. C’est la partie de bras de fer que raconte Benoît Carton, directeur général de la Sica des betteraviers d’Etrépagny créée tout récemment. « Saint Louis Sucre montre un fort refus de notre organisation de producteurs depuis qu’elle est en place », d’après lui.
Un arrêté, publié le 29 décembre au Journal officiel, porte reconnaissance de la Sica des betteraviers d’Étrépagny en qualité d’OP. Le texte fait écho à la loi Egalim, qui encourage le regroupement en organisation de producteurs afin de peser dans les négociations.
« Il y a sur le terrain une ambiance délétère », affirme Benoît Carton. Saint Louis Sucre veut des contrats avec chaque planteur, pas avec l’OP, selon lui. Jusqu’à exercer la menace de mettre fin à toute relation autrement, déclare-t-il. Une situation qui a amené la Sica à saisir fin décembre le médiateur du ministère de l’Agriculture. L’OP revendique l’adhésion de 530 producteurs représentant 960 000 t, soit 60 à 65 % des tonnages traités à la sucrerie d’Etrepagny. « Certains de nos planteurs signent, sous la pression, des contrats en direct », déclare Benoît Carton.
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Le même bras de fer existe entre Saint Louis Sucre et la Scica de Roye (Somme). Un agriculteur a expliqué, le 21 décembre sur Twitter, avoir reçu une lettre recommandée lui signifiant que l’industriel « ne prendra plus (ses) betteraves en 2020 suite à (son) adhésion à l’organisation de producteurs ». Interrogé, Saint Louis Sucre répond que le contrat proposé autour de la sucrerie Roye « a reçu un écho très positif de la part des planteurs. La grande majorité d’entre eux a fait le choix de s’engager individuellement, ce qui assure l’approvisionnement de la prochaine campagne ». Aucun commentaire à propos d’Etrépagny, qui semble davantage profiter du transfert de volumes entre sucreries.
L’industriel chercherait uniquement des contrats individuels pour la récolte 2020